Burn-out 2.0 : du plaisir au rejet des médias sociaux

 

♫♪Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître♪♫. Ah, en fait si.

Il existe un mal qui frappe certains web-addict et autres travailleurs du net. Non, il ne s’agit pas du syndrome Gilles de la tourette ou du syndrome de Stockholm avec un troll qui prend en otage votre marque. Il faut enfiler son costume de Nicolat Hulot pour aller fouiner dans les contrées connectées afin de dénicher : le burn-out 2.0

Fatigue intense, rupture des connaissances, le burn-out se caractérise par un état d’épuisement général, à la fois psychique, émotionnel et mental. les «batteries sont vides» et le sujet n’est plus capable de récupérer sur de courtes durées. Du au stress ou à une activité débordante,  il s’agit d’un vrai mal qu’il ne faut pas dénigrer. Et même si ce billet traite plus de sa métaphore liée au web, ces effets n’en restent pas moins significatifs.

J’ose penser avoir échappé à l’épidémie mais j’ai bien conscience d’avoir déjà contracté le virus. Je suis addict au web car j’aime être informer de ce qui se trame sur la toile. Pour vous éviter de tomber dans une spirale néfaste, je voulais vous en toucher un mot avant que vous ne soyez aspiré dans ce trou noir.

Les médias sociaux peuvent nous handicaper. Cela peut paraître exagéré, mais s’ils ont été pensé pour favoriser l’échange et faciliter les contacts, il faut se rendre à l’évidence qu’ils peuvent également finir pas nous rendre hagard, morose et blasé. Comment se fesse-t-il donc ?

Pourquoi notre engouement fini-t-il par se consumer à trop vouloir consommer ?  À force de trop tirer sur la corde, comment peut-elle céder ? Par quelles techniques est-il possible de recoller les morceaux ? Quelle moralité retenir de cet engrenage ?

 

L’idylle

Les années 2008 et 2009 ont marqué une phase d’euphorie générale envers les médias sociaux. Après quelques années de bas âge, ces plateformes ont su trouver leur public et attirer toujours plus de monde. Un phénomène de contagion sociale s’est instauré pour insuffler dans la bulle 2.0, une bouffée délirante d’indépendance et de liberté.

Lorsque les internautes découvrent le potentiel des réseaux sociaux, ils voient en eux le présent et l’avenir de leur communication personnelle et professionnelle. Les possibilités sont infinies et ils peuvent constituer un remède idéal à la timidité maladive, voire une cure salvatrice pour rompre un isolement social.

L’éclatement de cette liberté de communication a développé l’émergence de métiers online consacrés à la gestion de ces synergies virtuelles. Web-marketeur et community managers ont donc participé à cet apprentissage intensif pour savoir régler les rouages de ces technologies, comme un bon horloger le ferait.

Amateurs curieux ou professionnels investis d’une mission, ces premières années ont été les témoins d’une excitation face à la découverte révolutionnaire du potentiel de ces plateformes sociales. Un peu comme ci on arpentait un terrain enneigé encore vierge, là où aucune trace de pas n’a pu gâcher le frisson de la nouveauté. Il s’en est donc logiquement suivi une phase progressive d’enseignement, de bidouillage. On teste les outils et lit des tas d’articles pour connaître les astuces et les techniques qui améliorent l’expérience. On clique on partage. On regarde, on répond. On s’abonne, on fait de la veille. Une opulence jubilatoire qui n’est pas sans rappeler l’excitation d’un sapin de noël garni de cadeaux.

Les internautes ont ainsi fait le plein de sources d’informations et ont rempli leur panier attentionnel très rapidement. Et puis les premières formes de récompenses ne tardent pas à éclorent. On frissonne à nos premiers followers, on sourit en voyant un “influenceur” nous mentionner, on se prend au « jeu ». Passé ce cap candide, on se rend compte que ça ne va pas aussi vite que les success-stories dont on a été abreuvé. Alors comme nos parents qui voulaient que l’on ai la notion de l’argent, on se met à croire que l’on a la notion de l’engagement . Si je ne fais rien, personne ne me suivra. Les internautes et les travailleurs online se sentent investis d’une mission de veille, il faut partager les informations relatives à nos goûts et/ou à notre secteur d’activité. Pour ce faire, il faut trouver une seconde couche de sources d’informations. Il ne s’agit plus de nos goûts personnels, mais plus d’un “investissement” pour que notre profil intéresse les explorateurs du web.

Durant cette période d’idylle, on a tous les avantages sans les inconvénients. C’est comme si on avait devant nous un buffet géant à volonté après 2 mois de jeûne. Les médias sociaux ont en ce sens créé un sentiment de manque en comparaison au web 1.0, un besoin excessif de s’entourer par peur de se trouver démuni. Le web social a surtout rendu obsolète la sensation de satiété. C’est la grande bouffe 2.0.

Toutefois, des signes avant-coureurs de haut-le-coeur commencent à apparaître. « Le meilleur moyen de résister à la tentation c’est d’y céder » disait Oscar Wild (vous avez vraiment trop regardé l’île de la tentation vous!!). Oui, mais la tentation n’est pas forcément là où l’on l’attend. Je ne parle pas forcément de votre chère et tendre qui vous demande de vous rejoindre dans le grand lit chaud pour vous coucher, mais de cette raison insidieuse qui vous pousse à lui dire « oui chérie, j’en ai pas pour longtemps, j’arrive dans 5 minutes ». Bilan de la soirée : Twitter = 1 relation copine = 0

 

Le purgatoire

Peu importe les raisons qui ont poussé les internautes ou les professionnels à se gaver de cette orgie informationnelle. Il arrive irrémédiablement un moment où un sentiment amer et inconnu fait surface, celui d’une routine qui manque de saveur. Mince alors ! On relativise en se disant que l’on a pourtant jamais eu autant de possibilités de se distraire, d’apprendre, de partager… Mais que faire ? Par mécanisme de défense, le réflexe archaïque va dans la plupart des cas constituer à s’enfiler une rasade supplémentaire pour enrayer cette dynamique négative. Alors on en cherche plus, toujours plus.  On ne veut rien manquer, ni manquer de rien.

En parallèle, le temps que l’on passe sur les réseaux sociaux nous parait de plus en plus long. Et pour quoi ? Les résultats que les professionnels du web souhaitaient obtenir ne sont pas aussi glorifiants que le patron l’attendait. Comment dresser un profil d’entreprise qui intéresserait davantage les prospects et clients ? “Ah oui je me rappelle d’une conférence auquelle j’ai participé, il faut prendre la parole. Simple, on va monter un blog et écrire des petits articles”.

Ce désir ardent de devenir quelqu’un et de (re)dorer le blason réputationnel de notre enseigne nous entraine donc petit à petit dans un vis obsessionnel de productivité et de réactivité. Je ne lâche pas mon agrégateur ou mon smartphone par peur de rater quelque chose d’important.

La timeline présente sur Twitter et Facebook est un flux vertigineux qui nous donne le tournis, surtout si on a pris le temps de filer prendre un café. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il existe un postulat erroné selon lequel on se doit d’être à jour dans nos consultations, par peur de passer à côté d’une information susceptible de nous intéresser. Pire, on se force parfois à passer en revue les quelques 150 news de notre cher Google reader pour se donner bonne conscience. Cette biodiversité virtuelle a donc habitué notre appétit à se satisfaire d’une très grande quantité d’infos alors qu’il y a beaucoup de mal-bouffe.

Qu’importe la méthode, il ne faut pas perdre le peloton des « hot news » de vue. Il faut suivre en temps réel, car le succès a posé bagage dans l’instantanéité. D’où la nécessité de faire du multitâche dans son travail quotidien, ou d’avoir ce réflexe compulsif de consulter ses notifications dès lors que son smartphone commence a crier famine.

Face à cette infobésité étourdissante, on tente de tacler le problème en en créant un autre. On utilise des outils de curation qui semblent nous soulager de cette cascade assommante d’informations. Néanmoins, les liens et les passerelles sont toujours plus nombreux et rendent l’accès à l’information plus long et chronophage.

Progressivement, on réalise que la cadence s’accélère et qu’il est difficile de tenir le rythme. Le tapis que nous avons nous-mêmes mit en marche va trop vite et devient extrêmement usant. Nos 3000 followers et nos 900 amis Facebook nous donnent des pointes de côté psychiques et on sent bien que l’exigence que l’on s’est imposé devient oppressante.

 

La rupture

Arrivé à ce stade, on est devenu moins attentifs aux objectifs stratégiques initiaux liés à notre activité. On s’éparpille et perd plus de temps que l’on souhaitait en gagner. La distraction est devenue une obligation, voire une addiction. En ce sens, Internet peut-être un obstacle à la réalisation de nos objectifs. Et tout cela nous épuise…

Finalement, on est devenu le produit d’un système addictif. En apparence maître de notre accès l’information, c’est bien ce fil d’actualité lancinant qui est le métronome nous tenant en laisse. Des codes se sont instaurés pour rester « in » et branché. On les a naturellement suivis sans se poser de question et ce courant nous a porté graduellement vers un tourbillon vagal. Résultat des courses : une saturation totale et une forme de dégoût des réseaux sociaux. On ne reconnait plus le web que l’on aimait autrefois. Un sentiment d’étouffement et un besoin vital de souffler. Les web addict peuvent de cette façon être victime d’une overdose violente qui nécessite de s’oxygéner.

On a abusé des bonnes choses et on est pas loin de la crise de foie. On trouve que les contenus sont de piètres qualités, que notre réseau n’est en réalité pas aussi étoffé que notre égo voudrait bien nous le faire croire. C’est à ce moment que l’éléctrochoque se produit. On se met à douter des bénéfices d’un tel investissement. On prend du recul et commence à se poser les bonnes questions. Pourquoi j’utilise les médias sociaux ? Quels objectifs avais-je en ouvrant mes comptes ? À partir de quel stade la notion de plaisir m’est-elle devenue étrangère ?

Dans le cas des internautes lambda, il suffit parfois de lever le pied ou de détourner le regard. Un peu comme si la lassitude d’avoir trop joué avec un jeu nous donne envie de passer à autre chose. Malheureusement pour les professionnels de la toile, leurs engagements les retiennent prisonniers de cette toile collante et écœurante. Alors, comment trouver un échappatoire ?

La plupart des témoigagnes convergent vers le désabonnement massif pour tenter de tordre cette barre qui nous creuse le front au quotidien. Un tri sélectif majeur. Certains s’octroient une césure radicale pour couper les ponts momentanément avec la vie online et se ressourcer en revoyant leurs priorités.

Sans parler nécessairement de burn-out, on observe que les taux d’engagements et de participation des internautes déclinent naturellement après une forte utilisation, et ce n’est pas la nouvelle stratégie de Facebook qui va générer un nouvel élan d’enthousiasme.

 

Réapprendre à marcher

Après cette prise de conscience (“Va de retro satanas” au web), on pense naturellement qu’élaguer son réseau et hiérarchiser ses sources informationnelles va être une tâche aisée. Et bien c’est tout le contraire. Ce “renouveau” est long et pénible, car nous ne reprenons pas tout de zéro, il faut s’extirper de cette mue avant d’opérer notre mutation. C’est pourquoi, on doit tout réapprendre au fur et à mesure, faire des compromis et segmenter notre réseau par ordre d’importance et de nécessité. Malheureusement sans que l’on s’en rende compte, nos vieux démons cherchent à refaire surface et trottent dans notre esprit pour tenter de nous désarçonner. “Oh nan je ne vais pas me séparer de lui j’avais bien aimé un de ses articles une fois”. La peur paralysante de jeter, le sentiment de se séparer de quelques chose effraie, quitte parfois à provoquer des choix cornéliens dignes d’un jury de la nouvelle Star. Alors, dans un premier temps on fait la sourde oreille. Et au final, on se retrouve avec un bagage informationnel plus léger, mais encore beaucoup trop lourd pour nos épaules fragilisées.

On commence à le percevoir, il ne garder que l’essentiel. Mais comme un matérialiste acharné et smarpthone-addict que nous sommes devenus, il est souvent difficile ne se restreindre dans ses choix. Alors, on tente de faire le bilan. On réapprend à calculer de tête pour réaliser que les besoins vitaux se comptent avec les doigts de la main. On se pose des questions existentielles sur nos relations online. En quoi certains de mes contacts me sont indispensables ? En quoi améliorent-ils mon expérience internet ?

En faisant les comptes, on se rend compte que ce que nous gardons, c’est l’authentique, ce qui nous ressemble et pas ce qui nous valorise. Des choses futiles ou profondes, mais dans lesquelles on se reconnaît. La route à prendre pour « aller au vert » semble soudain claire. Il faut revenir aux fondamentaux, à l’essence de sa perception originelle du web. S’entourer des gens qui vous apportent réellement quelques choses et qui nous rendent fiers de la qualité  de notre réseau. (Attention, mes propos n’ont pas vocation à vous procurer des recommandations avérées ou encore moins de vous donner des ordres, mais bien de vous témoigner des suggestions.)

Bref, C’est après cette prise de conscience seulement que notre esprit dit stop. Sans passer sur le billard, certains “webivores” peuvent se faire une liposuccion virtuelle qui vont les soulager d’une surcharge informationnelle inutile. Plus de compromis, on supprime tout le superflu pour ne garder que le kit vital. On observe ainsi des internautes passer de 3000 following à seulement 200. Comble de l’esthétisme, le plaisir refait finalement surface.

Il est important de noter que certains n’ont pas besoin de souffler et s’acclimatent parfaitement de ce mode de consommation. Toute est une affaire d’expérience et de rapports avec Internet. Mais les kilomètres de lectures sur le compteur  attentionnel de l’internaute augmentent grandement la volonté de rentrer son engouement au garage.

 

Garder une distance de sécurité

Non je ne vais pas vous conseiller de prendre un réveil en forme d’Angry Birds pour vous alerter après 2h successives de navigation intensive. Les travailleurs du net sont directement confrontés à ce problème de lassitude, mais pas que. Les jeunes adolescents en carence sociale et les consommateurs acharnés de lectures virtuelles peuvent également être concernés.

Je ne cherche pas à mettre des cornes 2.0 sur les réseaux sociaux. Je souhaite simplement garder un rapport sain avec ces médias. C’est comme avoir un régime alimentaire équilibré, il ne pas se jeter sur tout ce qui est comestible. Et avoir les yeux plus gros que le ventre peut parfois amener à des effets secondaires extrêmes.

Le pire dans tout ça, c’est que les web-addict ont conscience de ces risques de mononucléose virtuelle. On s’amuse à gorge déployée des articles sur la dépendance à Facebook et de l’addiction que Twitter nous prodigue. Mais bon, c’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace n’est-ce pas ? On se dit que nous ne sommes pas concernés.

Mais il faut se méfier, car si de plus en plus de gens ont envie de débrancher la prise de leur ordinateur pour ne plus courir après les infos, c’est bien, car il y a une prise de conscience collective. Et bà alors, un prise de conscience c’est bien non ? Oui, mais seulement si elle est productive. Car si on note la croissance d’articles traitant du ras de bol des blogueurs, il ne faut pas que cette « niche » soit exploitée dans le sens d’un effet de mode racoleur. Là encore, notre volonté d’exister virtuellement peut prendre le pas et amener à considérer cette problématique de recul comme un nouveau moyen de générer du trafic.

 

Dénouement

La technologie a permis de démocratiser l’accès à la connaissance et au savoir. Le savoir héréditaire et les acquis transgénérationnels peuvent donc se léguer à chaque génération. Malgré tout, la loi de l’individualisme persiste et signe. Chassez le naturel…

Cet or que nous avons en main est plus utilisé comme un outil de reconnaissance que de connaissance. Les médias sociaux sont des passerelles sociales formidables, mais le rapport direct que nous entretenons avec renvoie à nos démons spirituels de l’égo.

On se lasse de tout et très vite. On s’agrippe à notre soif de reconnaissance pour avancer comme un enfant à la jupe de sa maman par peur du noir. Mais à force de ne pas penser par soi-même, on en oublie de faire des choix. On se contente de suivre le mouvement, de surfer sur les tendances, de s’appuyer sur des études de cas cultes…

Pire, on s’inflige de garder les yeux perpétuellement ouvert sur ce qui se passe alors que notre esprit aimerait bien fermer les yeux pour une fois.

Il faut retenir que le web nous laisse le choix, un libre arbitre pour sélectionner nos sources d’informations. A vous de trouver celles qui vous étonnent, vous font rire ou réfléchir, mais surtout qui vous plaisent et vous sont utiles. C’est en se focalisant sur ce 1er cercle que le goût de l’engouement et de la découverte ne s’estompera pas. La bonne reçette est pour ainsi dire la votre, celle que vous vous confectionnez vous-même par choix. La fève de la galette 2.0 réside majoritairement dans le fait d’être en accord avec sa personnalité et d’être reconnu pour ce que l’on est, et non pour ce que l’on prétend être.

Évidemment, cette notion de burn-out est à prendre au sens figuré. Ce mal ne touche pas non plus tous les travailleurs du net ni tous les ados en mal d’amis. Mais ce cheminement est une éventualité qui selon moi se devait d’être évoquée.

Pour résumer, le web, c’est comme l’alcool, c’est à consommer avec modération. Plus on cherche à gagner du temps et plus on en perd. Il ne faut pas gâcher son plaisir avec un usage top intensif car nous finissions souvent par détruire ce que nous aimons.

« Une heure passée sur 3 bons articles vous apprend beaucoup plus qu’une heure sur 15 articles plus légers. »

Qu’en pensez- vous ?

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23 Responses to “Burn-out 2.0 : du plaisir au rejet des médias sociaux”

  1. Merci Ronan pour cet article pertinent ;-) J’ai régulièrement ce genre de ressenti, le dernier était face à l’info du rachat possible d’Instagram par Facebook….le fil twitter rempli par cette info, la timeline Facebook aussi, j’ai attendu l’article diffusé par Cédric Deniaud pour m’y intéresser…

    Je prends soin autant que possible de faire des coupures du net par moment, au début c difficile mais au final je reviens avec la mm gourmandise…

    Bonne journée Ronan,
    Valérie

    • Bonjour Valérie et merci de prendre la parole en première ;) ! Oui, les médias sociaux ont cette faculté de nous étonner mais également de nous fatiguer. Et comme tu le souligne, les événements majeurs sont assez (trop?) partagé et contaminent tous nos fils d’actualité. Mais on peut dire qu’il s’agit du revers de la médaille.

      Dans tous les cas, je pense qu’une présence sur les médias sociaux, qu’elle soit d’ordre personnelle ou professionnelle, doit toujours être une réflexion et non un réflexe. Mais allez dire ça à tous les internautes, c’est une utopie. Selon moins le tout est de conserver l’essence de notre consommation, le plaisir ! Et cela se protège jalousement, c’est pourquoi je ne suis que peu de twittos et n’accepte que rarement les invitations sur Facebook.

  2. L’article pose finalement un problème plus large qui concerne chacun d’entre nous. Savons nous et avons nous pris le temps de savoir qui nous sommes et ce que nous voulons !

    Sans avoir répondu à ces questions, pour être plus juste sans prendre le temps d’y réfléchir tout au long de sa vie (car nous évoluons constamment), il est impossible de réellement s’orienter et de faire les bons choix. C’est finalement exactement la même chose qui se passe sur le web (qui n’est qu’une exacte copie immatérielle de ce que sont les gens le reste du temps).

    • Vincent, je pense que tu touche un point sensible qui répond bien au problème posé. les gens perçoivent d’abord les médias sociaux comme des outils de socialisation pour se conformer aux usages avant de saisir leur intéret communicationnels. On tend donc à suivre les mouvements de masse car ils constituent des indices qui influencent notre perception des comportements à adopter.

      À force de vouloir faire comme les autres, on finit par oublier qui nous sommes vraiment. Ce conformisme virtuelle dresse au final un portrait d’internautes pseudo-anonymes. J’ai revu le film « American Psycho » hier, où cette idée y est bien retranscrite.

      Les mouvements tectoniques permanents qui se trament sur la toile nous empêchent (en apparence) de nous poser pour savoir ce que nous voulons vraiment en fonction de ce que nous sommes. Et pourtant la question de l’identité numérique n’a jamais été autant d’actualité. Un constat ambivalent significatif.

      • Quand tu parles de la difficulté de se poser a cause de l’hyperactivité du web, je généraliserais même ce principe à la vie en générale.
        On se rend compte que la relation au temp se contracte et que du coup l’humain pour réussir à gérer cette contraction du temps fait l’impasse sur ce qui ne lui amène pas de « productivité » immédiate, en l’occurrence réfléchir à lui-même et à ses buts (cela entraine en général un gain de productivité à long terme mais bloque l’action au sens propre).

        Du coup on se retrouve avec des personnes qui font énormément de choses mais qui ne savent finalement pas vraiment pourquoi, ce qui se traduit finalement sur les réseaux par l’utilisation tout azimut sans but réel.

        C’est toujours intéressant de se rendre compte que ce que les gens appellent le « Virtuel » n’est en fait que de l’immatériel et répond bien au même règle que le « Réel ».

        • Totalement. Et c’est pourquoi j’apprécie pointer du doigt ces incohérences à qui veut bien l’entendre. On passe notre temps à vouloir le préserver, l’optimiser alors que dans les faits, c’est la course chronophage à la news. Le web n’est qu’une tendance novatrice pour nous donner l’illusion d’avoir un pas d’avance sur l’horloge.

          Mais si on se posait vraiment la question de savoir pourquoi on fait tout cela, l’horloge pourrait bien devenir notre ami. Dans ce contexte mouvant et fluctuant, prendre du recul sur nos acte est un mal bien salutaire ;) !!

          +1000 « on se retrouve avec des personnes qui font énormément de choses mais qui ne savent finalement pas vraiment pourquoi »

          • loveAvelo says:

            Hélas nous sommes en effet victimes de la contre-productivité, concept bien identifié par Ivan Illich.

            « les communications deviennent si denses et si envahissantes que plus personne n’écoute ou ne se fait entendre »
            (wikipédia)

            « Les télécommunications se multiplient, elles nous rendent sourdes et muettes. Et ainsi de suite. Les systèmes d’information nous privent de sens… »
            http://1libertaire.free.fr/IvanIllich13.html

            La recherche d’un équilibre entre autonomie et hétéronomie est la clef du « salut » :-)

  3. Comme toujours un article de qualité et bien rédigé ! Ta réflexion sur le sujet coïncide tout à fait avec l’état d’esprit dans lequel j’ai pu me retrouver parfois. Lorsque l’on est amené à faire de la veille ou à gérer une e-réputation, on risque de ressentir ce sentiment d’overdose. Le désabonnement massif est en effet une solution qui permet de ne plus se sentir submergé par l’info, mais est-ce suffisant quand on est présents sur de nombreux réseaux et que la même information s’y retrouve dupliquée ? Les partages d’une source peuvent être différents en fonction des réseaux (et tant mieux !), mais le « ménage » s’annonce complexe !

    • Hello Benjamin !

      Il est vrai que le désabonnement massif est une solution extrême qui ne règle pas tout. Le « slimefast » n’a jamais été le remède à tous les bourrelets indésirables. Il existe des compromis qui conviennent très bien. Fadhila Brahimi propose d’ailleurs des systèmes de pauses digitales assez intéressants pour optimiser ses performances : http://www.blogpersonalbranding.com/2011/11/strategie-de-presence-pour-gerer-ses-temps-de-presence-et-de-pause-digitales/

      Après, tout dépend des situations. Dans le cas d’une présence sur plusieurs supports, il faut prendre le temps de trier, ce qui est difficile quand la technologie nous pousse à évoluer constamment et à ne jamais s’arrêter.

      Personnellement, je pense qu’il incombe à tous les internautes de s’entourer d’un réseau qui leur convienne et d’éviter toute forme de prescription inutile. Dans ce cas les risques d’overdoses restent limitées. Dans mon cas les duplications restent minoritaires car je ne suis que les gens à la sources des informations. Après, il faut bien entendu que les internautes se posent toutes ces questions en s’inscrivant sur ces plateformes sociales. Et ça, ce n’est pas gagné;) !! C’est pour cela que j’ai rédigé cet article :P

  4. On parle même de nomophobie. Oui bravo pour cet article. Je pratique la Pause Digitale depuis plus d’un an afin d’éviter la surcharge (cf vidéos à ce propos). Thierry Crouzet a publié un livre « J’ai débranché »; des restaurants aux US interdisent le Wifi … bref, la crainte du Burn Out 2.0 est ascendante.

    • C’est vrai que certains néologismes comme la « nomophobie » (peur de perdre son smartphone)sont assez caractéristiques des préoccupations futiles de notre culture contemporaine.

      On dirait que l’homme semble prendre conscience qu’il peut devenir l’esclave de la machine, et c’est tant mieux ;) !! Après, tout est relatif bien entendu.

      Merci pour les références Fadhila ;)

  5. Tu le dis très bien et je le dis aussi dans mon article (que tu as eu la gentillesse de mettre en avant :)), mais je crois qu’il y a une sorte d’emportement du quanti.
    Et c’est flagrant sur les réseaux sociaux dans le digital, plus on partage, plus on crée du bruit, plus on est repris, plus on a l’impression d’être utile/important/compétent/whatever. Le design des services qu’on utilise nous pousse à ça. C’est facile de RT, de Share, de Like.. et ça devient compulsif. C’est pour ça que je suis dur avec Pinterest (http://www.brocooli.com/pinterest-esthetique-beau-gouffre-culture-du-glossy/). Les services qui marchent nous aident à perdre du temps, mais ceux qui nous aident à en gagner de façon meaningfull devraient marcher encore mieux. Qui sait..

    • Hey Willy !
      C’est vrai que les interfaces des plateformes sociales et les notions d’interopérabilité favorisent grandement l’enthousiasme envers ce jeu de l’oie identitaire.

      On nous entoure d’outils qui nous font repenser nos priorités, mais pas toujours dans le bon sens. Après, il ne faut pas cracher sur les avancés technologiques. Ce sont les usages qui sont à revoir. Dans l’idéal, il s’agirait d’être un internaute « d’intérieur », qui nettoie son réseau petit à petit pour éviter de se retrouver à faire la plonge pendant des heures afin de s’y retrouver.

    • Ca fait beaucoup de bolout et de temps pour lutter contre des trucs que peu de monde regarde.Parce que les screeners j’ai eu l’ocassion d’en voir un, ben c’est e0 vous de9gouter d’un film, meme d’un chef d’oeuvre Et je pense pas que beaucoup de monde paye sa place de Cine9ma par carte bleue. C’est cher mais quand meme. Et si le paiement se fait par especes Bon courage

  6. Bonjour,
    Amusant, je viens de publier un texte qui va dans un sens assez similaire, et destiné aux dircoms publics : http://www.cap-com.org/actualite/2709-dircoms-publics-communaute-d-autistes-ou-d-interpretes.html

  7. Bravo pour cette analyse, et synthèse des rapports au numérique.
    On attend la phase B, celle de la pertinence de l’usage qu’on a (et aura) des réseaux sociaux.
    Internet est une toile magique. A nous de la peindre sans griboullis !

    Cordialement
    Guillaume.

  8. Vincent says:

    Article intéressant et bien écrit qui démontre aussi l’importance d’une certaine méthodologie dans l’utilisation du web social. À quand des séances de web social addiction anonymes et des thérapies de déconnexion ?
    Je me demande si ce sentiment n’est pas plus prégnant pour ceux qui doivent tout au web et qui n’existent que dans la médiatisation parcellaire des plateformes sociales.
    À lire des blogs on en oublie de lire des livres et de se concentrer sur un sujet c’est pourquoi je me plonge de nouveau dans des thèses ou ouvrages de références pour retrouver ce plaisir de rentrer à fond dans un sujet et non de seulement papillonner.
    Le plus difficile est de gérer ces deux facettes avec élégance :-)

    • Bonjour Vincent et merci pour ta participation.

      Et bien le web c’est devenu un fourre-tout. Un tout-à-l’égo qui nous fait zapper, oublier, et qui peut finir par nous lasser si cette consommation devient indigeste. Peut-être que les associations de web-addict anonymes pourraient bien voir le jour dans un futur proche : Bonjourrrrr Vincennnttt »

      Il faut surtout essayer de prendre du recul et de ne pas compter toujours par un simple mimétisme des actions des voisins. On considère que les internautes sont en avance et que les amoureux des livres papiers sont des nostalgiques, toutefois ces « hasbeen » retiennent certainement beaucoup plus de choses importantes de leurs lecteurs que les internautes lambda.

      A force de devenir volage, on en peut en oublier avec qui on a passé la nuit (devant notre écran hein!) :P !!

      Sur la toile, on devient des consommateurs de buzz, on prêche dans le désert face à notre réseau de 500 amis que l’on connaît à peine. Bien entendu il faut relativiser et bien saisir que les médias sociaux sont des outils incroyables. Tout dépend des usages.

  9. Et bien je dois dire que ton article m’a bluffé, car sur bien des points j’ai pu y lire ce qui m’a poussé à faire mon « reset 2.0″.

    Tu cernes bien les problèmes auxquels sont confrontés les gens, et je trouve que cet article fait preuve d’une certaine maturité sur le sujet (par rapport aux articles que j’ai pu lire de toi en 2011).

    Rien à ajouter. Bravo !

    • Merci Kaes, ça motive bien de t’entendre dire ça ;) !!

    • Bon, et bien, je découvre cet article longtemps après sa parution mais je dois dire que je partage tout à fait son contenu ! Bien que je ne sois pas passée par la phase de burn out, comme Valérie, je m’octroie des pauses le week-end et en congés pour revenir à des choses plus essentielles.
      J’avoue être assez agacée quand j’entends des community manager dire qu’avec ce métier on ne peut jamais être en pause. Si dans certains cas, cela peut s’avérer vrai (encore qu’il est possible de s’organiser, peut-être, avec un collègue), bien souvent, il est possible, même lorsqu’on gère une entreprise sur les réseaux sociaux, de s’absenter quelques temps régulièrement, le temps d’un week-end, les clients le comprennent très bien ! A mon avis, dire qu’on ne peut pas faire de pause sur les réseaux sociaux est une façon de se donner de l’importance, et une bien fausse importance…

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