Comment naissent et évoluent les rumeurs sur les médias sociaux ?

 

 « Désigner nommément le mal, c’était le faire exister, en rechercher la cause, c’était avouer son inquiétude, s’exposer aux rumeurs ». Franck Pavloff

Vous avez certainement tous entendu parler du bug Facebook qui aurait dévoilé par inadvertance les messages privés (de 2007 à 2009) de millions d’utilisateurs. Une inquiétude grandissante qui n’a pas pris le temps de vérifier l’exactitude des manifestations reprochées avant de lancer la rumeur d’une bévue chez Facebook. Hier, la CNIL a rendu son verdict, sans appel, il s’agit d’un mal entendu et non d’un bug inexcusable. Mais au-delà de la propagation de cette information, ce qu’il est intéressant d’observer,  c’est que d’autres annonces annexes ont surgit pour agrémenter les doutes créés et surfer sur cette focalisation autour du média. On a parlé d’un communiqué de presse qui aurait été copié collé, on a vu l’essor de débat sur la protection des données, d’astuces en tous genres pour se protéger des médias sociaux diaboliques, etc. Facebook tu meurs, vive la rumeur !

Ce cas de figure témoigne de la nécessité de prendre du recul sur ce que l’on peut entendre et lire. On pense souvent d’abord aux conséquences avant d’analyser les causes.

Face à la cadence infernale de l’actualité, les nouveautés deviennent rapidement obsolètes. Dans ce contexte, l’impatience se fait sentir et les gens souhaitent toujours consommer plus en économisant plus de temps. C’est pourquoi les informations vont parfois plus vite que le raisonnement des internautes

La sortie de nouveaux produits très attendus par exemple, provoque commérages et ragots en tout genre. L’annonce d’un danger quelconque initie quant à elle une crainte qui se traduit par un nombre impressionnant de partages. Le fait est que les informations officieuses sont stimulantes, car elles renvoient à la notion de confidentialité, et à la volonté d’éclaircir des zones d’ombres, de ne pas rester dans le secret et le mystère. Les confidences et autres révélations occupent de ce fait une place toute particulière dans l’attention des internautes.

Mais finalement, à l’ère de la course informationnelle, le web nous permet-il de dissocier le vrai du « fake » ? Comment se forme et se développe une rumeur ? Dans quels buts des rumeurs peuvent-elles être créées et relayées ? Comment couper court à une rumeur ? La viralité sert-elle la circulation d’information ou nuit-elle à la perception que l’on en a ?

 

Qu’est-ce qu’une rumeur ?

La rumeur désigne dans le langage populaire une information qui rencontre une certaine médiatisation. Étymologiquement, « Rumor » signifie en latin bruit qui court, bruits vagues, opinions courantes. La généalogie de ce terme désigne donc une supputation qui émane d’une foule. La rumeur n’a pas attendu l’arrivée du web pour faire parler d’elle. Pourtant, l’évolution des canaux communicationnels a accéléré sa vitesse de propagation aux delà des frontières physiques.

Souvent sulfureuse, cette information passant de bouches à oreilles se démarque d’une information factuelle dans le fait qu’elle n’est pas vérifiée. D’après le psychologue R. Knapp, il s’agit d’une « déclaration destinée à être crue, se rapportant à l’actualité et rependue sans vérification » .

La force des rumeurs réside donc dans l’attraction qu’elles engendrent, et dans les suppositions qu’elles cultivent. La rumeur naît, existe et circule en toute impunité pour composer un tableau psychosocial, peint par un phénomène de contagion sociale. C’est donc une porte ouverte aux spéculations les plus farfelues, et surtout à des croyances erronées pouvant porter préjudice à l’e-réputation d’une entreprise.

En 1990, Rouquette développe un modèle qu’il appelle « le syndrome de rumeur ». Dans ce cadre, il délimite 4 composantes essentielles des rumeurs :

  • L’implication : les individus qui relayent la rumeur sont la plupart du temps concernés par ce qu’elles véhiculent. La rumeur se rapporte souvent à l’environnement social de l’individu, ce qui le pousse à en parler autour de lui.
  • L’attribution : le discours qui est rapporté dans une rumeur n’est pas la signalisation d’une information, mais le compte-rendu de cette signalisation. En ce sens, la réappropriation d’une actualité s’avère être un témoignage subjectif. La rumeur n’est au final qu’un discours rapporté qui intègre des composants personnels et que l’on ne peut vérifier en l’état.
  • La négativité : les rumeurs sont rarement de bonne augure. Elles désignent dans la plupart des situations de menace ou de polémique pour prévenir autrui d’un danger éventuel. Le partage confère ainsi une sensation de service rendu, d’altruisme. Les rumeurs pointant du doigt de bonnes nouvelles restent minoritaires, car elles témoignent rarement d’un état d’alerte pouvant absorber l’attention et créer une émulation à ce sujet. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ; bonnes nouvelles, peu de nouvelles.
  • L’instabilité : l’information est malléable puisqu’elle est confrontée à l’interprétation des individus qui la reçoivent. Lors de la formation d’une rumeur, chaque individu va consciemment ou non déformer ce qu’il a vu ou entendu, soit par des ajouts (conscients ou non), soit pas des oublis (volontaires ou réfléchis)

Face à ses caractéristiques, on comprend que, comme pour le buzz, la rumeur a besoin de ces traits identitaires pour subsister. Car le propre d’une rumeur est de se répandre comme une traînée de poudre. Portée par le relais presque robotique des individus, elle constitue un fil inflammable qui peut conduire à une explosion si le contexte provoque l’étincelle de trop.

 

Comment se forme et se consolide une rumeur ?

Une information ne naît pas rumeur, elle le devient. Comme on vient de le voir, sa création et sa prolifération requièrent la présence de prérequis. Mais son succès sous-tend également la présence d’éléments déclencheurs. La rumeur dépend en ce sens du contexte social. Rouquette soutient d’ailleurs que la rumeur ne peut devenir féconde que si le climat social est propice à sa gestation. Le plus souvent, la « population » d’une rumeur représente un public qui partage des connaissances et des attentes communes à un instant T. Il est intéressant de noter que ces contextes peuvent même annihiler les différences intergoupales. Des communautés opposées peuvent de ce fait se rejoindre par l’intermédiaire d’une rumeur, car cette dernière répond à des thématiques partagées réciproquement.

Afin de mieux comprendre le fonctionnement d’une rumeur en bas âge, les psychologues Allport et Postman ont travaillé sur l’évolution d’un message lors de sa transmission. Pour ce faire, ils ont réalisé une expérience très simple. Des sujets tests ont observé un dessin et ont du rapporter à une autre personne que qu’il avait vu. Ainsi de suite. À la fin de la procédure, on observe qu’après chaque relais, l’information subie des distorsions. Selon l’expérience, le message prend même une forme définitive au bout du 7ème relais. Finalement, l’information se transforme vite en une rumeur. Le message semble devoir trouver une forme définitive stable et suffisamment solide pour être partagé de façon mécanique et fidèle.

Cette expérience nous renseigne sur 3 mécanismes inhérents à la formation d’une rumeur :

  • Un effet de réduction : l’information tend à se raccourcir pour supprimer les détails et ne garder qu’une forme simple à reproduire.
  • Un effet d’accentuation : les éléments de l’information jugés centraux sont préservés et restent prédominants. La structure « qui, que, quoi est mise en avant ».
  • Un effet d’assimilation : les premiers relais s’effectuent selon le système de valeurs et les croyances de la personne qui ingère l’information.

Le psychologue Bartlett à quand a lui mis en évidence le phénomène de la « reproduction serielle ». Toujours dans une optique d’une retranscription d’une information, il met en lumière la prédominance de notre subjectivité dans la transmission d’un message, conduisant à une normalisation culturelle inconscienteEn le partageant, nous l’adaptons généralement pour le rendre compatible avec notre propre perception de l’environnement. La forme ou le fond du message peut ainsi évoluer selon les relais, et  induire en erreur.  Toutefois, une fois qu’une forme stable est trouvée,  ces modifications disparaissent. Le dessin ne va donc plus évoluer, car il correspond à une information facile à intégrer et retranscrire à grande échelle.

Ces aspects de réduction, d’accentuation et d’assimilation constituent la consolidation de la rumeur. Ils la rendent plus solide, résistante et donc plus apte à être diffusée. Un jeu de dupe qui donne petit à petit, raison à tort à à travers à la rumeur, et qui rend toute tentative d’éradication par l’entreprise contestable, comme l’explique la fin de cet article sur la rumeur du bug Facebook. Car lorsque la rumeur est à son paroxysme, les démentis peuvent être perçus comme des aveux, la confirmation qu’il y a bien un problème.

Notons également que les rumeurs peuvent voir le jour consécutivement à une crise ou un bad-buzz subit par une marque. Les rumeurs témoignent dans ce cas de la persistance des incertitudes et des angoisses des communautés. « La rumeur pousse comme une mauvaise herbe après un incendie de forêt », écrivait l’auteur Moses Isegawa. En résumé, la rumeur peut-être la cause et/ou la conséquence d’un bad buzz.

 

Les internautes comme instigateurs officieux

L’objectif avec les renseignements confidentiels consiste souvent à les avoir avant les autres. C’est pourquoi les journalistes et autres paparazzis sont friands de scoops et de photos volées qui valent leur pesant de cacahuètes. L’assurance de remplir son porte-feuille et de faire saliver les éditeurs en mal de polémiques. Seulement avec l’essor su web participatif, les lecteurs assidus de la presse à scandale, MAIS EGALEMENT les détracteurs de ces pratiques peu déontologiques sont eux-mêmes devenus, par la force des choses, de vrais « consoacteurs » pouvant devenir les initiateurs de rumeurs.

Certains individus sont d’ailleurs plus susceptibles de rechercher des informations là où il n’y en a pas forcément quand le sujet les passionne. Ils sont à l’affût de la moindre fuite à se mettre sous la dent pour partager la nouvelle à leur réseau. Leur impatience peut provoquer une curiosité exacerbée qui va les aider à sous-tirer une information, qui,  sortie de son contexte peut être perçue différemment par des tiers.

En parallèle, la croissance exponentielle d’une génération plateau-repas dicte dorénavant une appétence envers des contenus racoleurs et des articles « microndables ». À tel point que même les puristes se résignent à déformer les titres de leurs articles pour espérer capter une plus grande audience. Un bon globiboulga qui rassemble, mais qui pèche de plus en plus par sa saveur.

Toutefois, les rumeurs circulant sur les médias sociaux font de plus en plus l’objet de vérifications de la part des internautes. Face à la part toujours plus conséquente d’intox dans nos flux RSS, un mouvement de solidarité se met en marche, où ce sont les internautes eux-mêmes qui désamorcent des rumeurs. Un acte d’entraide et de modération pour connaître la vérité lors d’un engouement hypnotisant. C’est pourquoi aujourd’hui, bon nombre de rumeurs se font faucher en pleine ascension par la vigilance des internautes.

Malgré cette surveillance collective, certaines informations passent toujours entre les mailles du filet. Dans ces cas de figure, les sources originelles de l’information sont ensevelies sous le flux de relais instinctifs. Comme souvent, le contenu du message devient rapidement un prétexte pour s’inscrire dans la réalisation d’un acte social de partage, et la mécanique virale est mise en marche.

Au final, l’information biaisée est perpétuellement connue d’une majorité, mais les faits avérés le sont par une minorité. Ce qui est déplorable, c’est que même si la supercherie est démasquée, les effets néfastes que la rumeur porte en elle peuvent déjà avoir agi. Un climat pesant de suspicion et une perte de la confiance s’installent.

Les éléments fondateurs des rumeurs (faux témoignages et montages photos, etc.) sont couramment perçues comme des composants de la réalité. Les informations ne suivent donc plus la courbe de Gausse (courbe d’équation cartésienne représentant une évolution dite « normale »), mais un maintien crescendo de ces croyances infondées, jusqu’à l’arrivée d’un point de rupture (preuve de la supercherie ou lassitude face à l’information).

 

Les médias comme promoteurs officiels

Les médias classiques comme la presse, ou les professionnels comme les journalistes, naviguent dans le même océan que n’importe quel internaute. Auparavant les seuls informateurs officiels de l’actualité, l’arrivée de plateformes comme Twitter les ont forcé à prendre la parole avec les mêmes outils que les internautes lambda. L’accès à l’information a évolué et ils ne sont plus les premiers à prendre connaissance d’une information. Néanmoins les médias traditionnels conservent un rôle de référent dans l’inconscient collectif. Leurs publications procèdent ainsi régulièrement à une officialisation de l’information aux yeux du grand public. Une information n’aura évidemment pas le même poids si elle provient du site d’un blogueur ou du site d’un quotidien Français.

Pourtant, face à une exigence d’immédiateté et de réactivité due à l’agitation grandissante d’une rumeur, plus forcement le temps de préparer des reportages chiadés, ce qui peut conduire à la rédaction d’un article en deux coups de cuillère à pot pour s’installer comme un relais de poids dans la transmission de cette nouvelle sulfureuse. Cette politique d’empressement peut en ce sens provoquer des fautes contre nature, dans le sens où les journalistes peuvent ne pas prendre le temps de vérifier les sources des informations qu’ils créent et relayent (alors qu’il est de leur responsabilité d’informer les lecteurs par des informations fiables). En ce sens, certains articles de grands noms de la presse peuvent lancer des avions en papier sur les écrans de pauvres incrédules.

Heureusement tous les médias reconnus (généralistes comme Le figaro ou Le monde, ou spécialisés comme « Le journal du net » ou « Frenchweb ») ne prennent pas toujours la parole hâtivement. Certains préfèrent attendre pour prendre du recul et apporter une analyse de fond sur le parcours de la rumeur, ce qui leur confère du trafic et de la crédibilité. Mieux vaut parfois éviter l’excitation des premiers instants pour ne pas pervertir sa vision des choses. Notre perception est toujours meilleure lorsque nous avons tous les pièces du puzzle. Chercher le buzz ou assurer son expertise, il faut choisir.

Pourtant les journalistes commencent à se méfier des outils à double tranchant comme Twitter. C’est pourquoi le réseau social lance des appels du pied pour les « aider » à comprendre les bonnes pratiques du site de microbloging. Twitter dépend en effet en partie de la présence de ces acteurs influents, qui  agrémentent et donnent vie à des débats autour d’actualités érogènes.

Le piège pour les prescripteurs d’opinions comme les médias ou les blogueurs reconnus est qu’il faut éviter de privilégier l’affirmatif au conditionnel avec les rumeurs. Tant que les faits ne sont pas vérifiés, il vaudrait mieux indiquer la dimension officieuse. Malheureusement, cette directive est rarement respectée (une faute pas toujours volontaire, mais qui n’est pas sans rappeler certaines manipulations des médias). Si bien que d’un œil extérieur, l’information paraît crédible et fiable à tous et pour tous.

 

Pourquoi lancer une rumeur ?

La curiosité est un vilain défaut, mais la diffamation en est un autre. Dans la quête de sensationnalisme ambiante, le manque de scandales peut même provoquer une volonté d’en chercher un, voire d’en confectionner un de ses propres mains, même s’il s’avère volontairement infondé. Des canulars informatiques ou « hoax » peuvent alors apparaître pour capter l’attention ou sensibiliser les consommateurs autour d’un sujet précis. De vrais leurres déguisés en amuse-gueules pour les internautes trop candides.

Alors, pourquoi créer une rumeur ou un hoax ? Si les motivations intrinsèques sont très variables, on note toutefois une volonté récurrente de combler un manque, de répondre à une attente oppressante. Lorsque l’annonce d’un produit comme le nouvel iPhone commence à circuler sur la toile, un monceau d’articles et de photos soi-disant volées nous en font voir de toutes les couleurs. Lorsque les gens sont vraiment pressés, les pronostics sont légion.

En outre, certains thèmes favorisent grandement la prolifération d’une information calomnieuse. Par exemple, si un contenu évoque des thématiques liées la santé ou la sécurité, l’émotion suscitée par la réaction des internautes accélère grandement le processus de viralisation. Le cas échéant, la rumeur est relayée à la chaîne si le moindre risque est suspecté, même si aucune preuve irréfutable n’a été démontrée. Cet acte instinctif se légitime souvent à travers une volonté d’alerter son réseau. Notre bonne conscience nous guide alors pour bondir le torse bombé et aider son prochain par du bouche-à-boucheoreille. Un acte d’aide pour prévenir son entourage d’un éventuel danger. C’est précisément ce qui s’est passé avec la rumeur du bug Facebook autour des messages privés / publics.

D’autre part, il faut préciser qu’écrire sur le web empêche souvent la compréhension de la tonalité du discours. L’ironie peut de ce fait être perçue comme une affirmation et générer un quiproquo à grande échelle.

 

Comment se prémunir des rumeurs ?

Si dans le milieu judiciaire, la présomption d’innocence prévaut, sur la toile, la viralité d’une information assoit souvent la légitimité d’une rumeur aux yeux (et à la barbe) des internautes. La preuve indéniable de son exactitude s’avère souvent être sa (re)connaissance par un grand nombre de consommateurs, et non les éventuels démentis de la société mise en question. Victor Hugo clamait d’ailleurs « la rumeur approche, l’écho la redit. ». Car l’inconscient collectif se persuade que l’on ne peut pas se tromper ensemble. Alors, on fait confiance (aveuglement ?) aux informations que l’on reçoit et l’on fait un copier-coller à son réseau.

Il n’est donc pas toujours évident de démêler le vrai du faux… le calendrier du web est en ce sens souvent calé autour du premier avril. Il est donc de notre ressort de vérifier que vous n’avons aucun poisson collé dans le dos lorsque nous prenons connaissance de telles informations.

Mais finalement, comment reconnaître une information fiable d’un épisode affabulatoire ?

Pour nous aider dans cette tâche, des plateformes comme le site « Hoaxbuster » proposent heureusement de répertorier et de signaler ces canulars qui défilent sur la toile. Un moyen de prévention et d’entraide pour ne pas se fourvoyer inutilement dans l’excitation du moment, et qui n’est pas sans rappeler les avertisseurs de radars.

Pour les enseignes, il est logiquement conseillé d’être sensibilisé à ces risques. Car même si elles ne génèrent pas toutes des émulations hypothétiques, personne n’est à l’abri d’une rumeur. Si malheureusement le cas se présente, il faut miser sur la réactivité et la transparence pour éradiquer le virus à sa source. En menant une investigation autour des prémisses de la rumeur, l’entreprise peut rapidement prendre la parole pour dégonfler l’abcès à temps. Par exemple, suite à l’apparition d‘une photo choquante mettant en cause la multinationale Macdonald, la franchise a promptement annoncé qu’il s’agissait d’un montage publié l’année dernière par un internaute. Une faille balayée d’un revers de balais, même si Ronald a du rire jaune le temps d’un instant. Cet exemple démontre également que la vigilance doit être continue. Le web est une mémoire bien vivante, et de vieux démons peuvent de nouveau frapper à la porte sans crier gare.

Si l’entreprise prend le wagon trop tard, il est souvent difficile pour elle de museler la rumeur, voire de la détruire. Car au-delà de la curiosité parfois malsaine ou du voyeurisme pervers, une rumeur déjà lancée génère surtout le doute. Et quand le doute est permis, tout est imaginable. C’est pourquoi lors de rumeurs persistantes, on note régulièrement la croissance d’enquêtes dignes de ce cher Colombo autour d’autres potins liées à l’enseigne ou aux produits désignés. Cette excitation témoigne de l’exploitation d’une capitalisation attentionnelle autour de cette actualité. Dans cet ordre d’idée, si une rumeur pointe le faible impact de l’e-mailing (à coup d’études bidon par des hommes de MIT ou de Harvard), alors tous les blogs vont traiter du sujet « l’e-mailing est mort », etc. Le succès d’une rumeur légitime souvent un débat autour des thématiques sous-jacentes. La société doit donc suivre de près la naissance de rumeurs à son égard.

 

Conclusion

Après avoir lu ces « quelques lignes », vous commencez peut-être à avoir les chocottes. Pour autant, peut-on affirmer que la rumeur est la tumeur de l’informatisation ? Non je ne pense pas, car pour ma part, la rumeur représente avant tout la manifestation visible des avis et prédictions des internautes. Les outils leur donnent à présent la possibilité de partager leurs scoops à un nombre exponentiel de personnes, il faut s’y faire. De plus, une rumeur en chasse rapidement une autre.

Ce qui est dommage, c’est que pendant et après une rumeur, les consommateurs se posent rarement les bonnes questions. Lorsque des problèmes de sécurités sont pointés du doigt comme avec les données personnelles sur Facebook, les internautes blâment l’outil et ses fonctionnalités, mais rarement leur propre comportement. Pourtant, personne ne les a obligés à créer ses contenus, ils l’on fait de leur plain gré. Au final, les pratiques évoluent rarement, ce qui peut laisser place à la réédition du problème et indirectement de la rumeur.

Et si nous prenions un peu de recul avant de partager une information ?

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous conseille de lire cet essai autour de l’influence des émotions dans le traitement et la diffusion d’un message, ou bien  cet article traitant de la relation entre les réseaux sociaux et des rumeurs. Comme ça vous me direz ce que vous en pensez, j’avoue avoir survolé ces documents pour ne pas être influencé par leur contenu, ce qui aurait pu orienter mon discours.

 Que pensez-vous de tout cela ?

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7 Responses to “Comment naissent et évoluent les rumeurs sur les médias sociaux ?”

  1. Hello Ronan,

    Très bon article as usual ! J’ai appris beaucoup de choses, notamment le fait que les rumeurs ne suivent pas la courbe de Gausse. Ce qui veut dire une chose : pour mettre fin à une rumeur il faut soit attendre que les internautes se lassent soit apporter au plus vite la preuve que le scandale qui a éclaté est infondé (le deuxième scénario étant bien meilleur).

    Je suis totalement d’accord avec toi quand tu dis, en substance, qu’une rumeur n’est pas juste porteuse d’une information : elle nous permet aussi et surtout d’expliciter la relation que l’on a les uns avec les autres. Comme on dit en com’ la communication est toujours constituée d’un message et d’une relation. :-)

    Je te rejoins aussi sur le fait que les rumeurs changent rarement les pratiques. On a eu beau pendant une semaine critiquer Facebook, personne n’a arrêté de l’utiliser ou de se demander si nous n’étions pas aussi responsable de l’éventuelle publication de messages se voulant privés.
    On continuera donc de détester Facebook tout en checkant de manière compulsive notre fil d’actu ;-)

    Encore bravo pour l’article ! :-D

    Julien

    • Bonjour Julien,

      Et bien, ton commentaire résume assez bien cet article. Je devrais faire appel à tes services pour savoir résumer des centaines de lignes en quelques phrases :P

      Je suis ravi de voir que ces éléments ont pu contribuer à creuser tes connaissances sur le sujet.

      Au plaisir de lire tes prochaines articles !

  2. Délicieux, j’en reprendrais bien encore !
    A voté.

    • Gloups, tu dois bien être un des seuls :P !!

      Il y avait pas mal d’autres thématiques à aborder sur ce sujet, comme le rôle des émotions (cf lien à la fin de la conclusion). Mais mieux vaut faire bien un sujet que mal plusieurs..

      Merci pour le vote ;) !

  3. Ah un article de fond et intéressant ! ça fait plaisir :) Merci!

    • Merci à vous d’avoir pris le temps de le lire.

      Et en plus, il y a plein d’autres articles de fond dans le blog, après, intéressants, à vous de me le dire :P !!

      Au plaisir ;)

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