La première impression est-elle toujours la bonne sur le web ?

 

Mon petit doigt me dit que vous n’allez pas vous les mordre après avoir lu cet article. Mais dois-je pour autant croire mon auriculaire pour lever le pouce au lieu de craindre votre majeur ?

En naviguant sur la toile, on lit que l’important c’est de s’inscrire dans la durée pour perdurer. Pourtant avant toute fidélisation, il faut passer par la case séduction. Et en terme de captation d’attention sur la toile, même les apparats les plus chers et les parfums les plus enivrants ne constituent pas de philtres d’amours à coup sûr. Un jeu du chat et de la souris qui laisse la part belle aux impressions diverses et variées.

Le fait est que la première rencontre d’un internaute avec votre marque est un enjeu crucial. Imaginons-nous dans la rue, on observe une personne qui s’avance vers nous, nous regardons rapidement son style vestimentaire, sa coiffure, ses fesses, sa démarche, etc. Pourtant, ce petit coup d’œil furtif semble nous avoir donné autant d’information que la vision d’un Terminator. L’impression sur la rétine confectionne des impressions sur la perception. On imagine d’une personne bien habillée qu’elle travaille dans le marketing, qu’elle est mariée, riche et en bonne santé, et à contrario qu’une personne négligée n’a pas une bonne situation professionnelle et n’a pas un train de vie aisé. En réalité, nos impressions nous balancent tout un tas de préjugés, voire de stéréotypes, que l’on peut prendre à bras le corps. Un « mini moi » fourbe, mais attachant qui peut nous mettre des bâtons dans les roues.

Sur internet, les impressions n’échappent pas à la règle. En se rendant la première fois sur un internet, un livre blanc ou en observant un échange sur les réseaux sociaux, notre esprit s’aventure sans que nous le réalisions vers un carrefour cognitif qui élaborera un portrait-robot de l’entité visée. Le ressenti qui va en découler va donc profondément conditionner notre attitude envers une entreprise.

Quand bien même, qu’elle est vraiment la nature d’une impression et comment voit-elle le jour ? Une première impression condamne t-elle irrémédiablement une marque à être cloisonnée dans cette perception stéréotypée ? Que peut favoriser la formation d’une bonne première impression ? Qu’impliquent implicitement les premières impressions sur les visions futures ? La séduction doit-elle foncièrement être le déclencheur d’une perception spécifique ? En quoi les médias sociaux ont-ils leur mot à dire dans cette toile impressionniste ?

J’ai l’impression qu’on va bien s’amuser ;)

Suivez le guide !

 

Qu’est-ce qu’une première impression ?

Étymologiquement, l’impression désigne « l’empreinte laissée par un corps pressé sur une surface ». Montaigne la décrie comme « l’action d’un corps sur un autre ». Néanmoins, si le Français est considéré comme une langue vivante, c’est bien, car les mots évoluent selon les âges. Ainsi, le terme d’impression a progressivement laissé place à une interprétation plus sociale. L’expression « faire bonne impression » devient alors synonyme d’un effet affectif produit sur quelqu’un. Il s’agit communément d’une opinion que l’on se fait rapidement d’une personne ou d’un objet, un ressenti qui laisse une trace, une marque.

Nous savons tous que l’impression n’est pas la réalité objective, mais son reflet à travers la subjectivité de notre regard. Pourtant si empreinte il y a, c’est bien que son intégration opère la création d’un point d’ancrage archaïque, sauvage, qui tente de donner des repères (même erronés) à notre esprit. Qu’il s’agisse d’émotions ou de ressentis, ces signes aiguillent dans tous les cas l’opinion que l’on porte envers quelqu’un ou quelque chose, mais également notre attitude et comportement à son égard. Sur Internet, les entreprises ne sont pas exemptes de cette loi universelle, puisque d’un simple coup d’œil, une analyse primaire émerge, amenant avec elle tout un tas de préjugés et de raccourcis qui vont façonner notre propre image d’une société donnée.

Ce réflexe de catégorisation, qui nous transmet des données discutables, joue un rôle indéniable au sein d’un cercle vicieux visant à aiguiller notre vision de l’environnement. Un cycle naturel immuable et constant (ouroboros) qui fait que l’on tourne en rond tout en s’empêchant d’avoir un regard omniscient. En effet, les préjugés s’appuient sur des croyances, mais les croyances dépendent elles-mêmes des préjugés. L’impression est donc le produit de mécanismes inconscients d’inférence nous prodiguant une vision altérée de la réalité.

Le psychologue Ash a particulièrement étudié la formation d’impressions. En 1946, il a proposé à des sujets tests de décrire une personne fictive en quelques phrases, après avoir vu une liste de traits la concernant. Il observe d’abord un « effet de primauté », c’est-à-dire une meilleure mémorisation des premiers traits évoqués pour désigner cette personne, mais surtout que l’impression générale à son sujet sera fortement déterminée par ces premières caractéristiques. Une corrélation positive existe donc déjà entre l’ordre des informations données au sujet d’une entité et la perception globale que nous avons à son égard. En ce sens, la première impression lors de notre premier échange avec une marque, ou notre perception du site internet d’une entreprise, aura un impact indéniable sur l’opinion que nous aurons de l’entreprise. Est-il pour autant trop tard pour nous faire changer d’avis ? Pas vraiment, car Ash note également que les derniers traits mentionnés ont également un impact non négligeable. Un « effet de réscence » qui nous aide à nous souvenir des dernières informations. En ce sens, si nous avions eu une mauvaise impression de prime abord, elle a pu être modifiée grâce à une action qui nous a donné une impression contraire par la suite.

L’impression est donc malléable, car elle se forme très facilement et rapidement à partir de bribes d’informations. Un puzzle en apparence aisé, mais qui n’arbore pas souvent la bonne représentation, le même modèle.

Ash va plus loin en s’appuyant sur l’idée des théories implicites de la personnalité. D’après le psychologue Français Beauvois, ces théories rendraient compte du fait que « les individus, dans la perception et dans l’image qu’ils se construisent des gens, présupposent des relations entre les traits ou attributs et considèrent que certains traits vont habituellement mieux ensemble, tandis que d’autres, au contraire, semblent s’exclure ».

En reprenant le même process de son expérience précédente, Ash intègre donc une variable différenciante. Ici, 4 groupes de sujets sont exposés à une liste de traits en apparence similaires, hormis un seul adjectif. Le but est d’observer l’impact de ce terme sur la perception globale qui sera faite autour de la personne fictive. Les sujets ont par la suite dû associer la personne fictive à une autre série de traits pour la caractériser. Une description libre a également été réalisée.

Dans le cas d’une liste avec le terme « chaleureux », les individus ont opéré des corrélations beaucoup plus prononcées qu’avec le terme « froid » :

  • Ex « chaleureux » : « Une personne qui croit dans la justesse de certaines choses, qui veut que les autres considèrent son point de vue, qui serait sincère dans une discussion et voudrait voir son point de vue l’emporter ».

  • Ex « froid » : « Une personne pleine d’ambition et de talent qui ne permettrait à rien ni personne de l’empêcher d’atteindre ses objectifs. C’est sa manière qui importe ; elle est déterminée à ne pas céder quoi qu’il arrive, quitte à être hautain et antipathique. »

Ce qui est intéressant de noter, c’est que des traits en apparence isolés deviennent « solidaires » avec d’autres caractéristiques, alors que ces termes étaient à l’origine les mêmes. Ce facteur différenciant valide et consolide donc à lui seul à une impression globale, et y injecte des paramètres supposés aller en ce sens. On comprend de ce fait que l’impression autour d’une marque dépend en grande partie du contexte et des raccourcis que les internautes opèrent et subissent. La signification d’un trait dépend du réseau de traits dans lequel il est injecté. Le but pour une entreprise présente sur internet sera donc de déclencher le ressenti d’un trait positif fort, et d’éviter qu’un terme impacte négativement l’impression que l’on a d’elle. Tout en sachant qu’il suffit parfois de l’apparition ou de la disparition d’un seul trait pour que l’impression globale retourne sa veste.

Enfin, Ash opère une distinction entre des traits centraux qui focalisent l’impression (car ils regroupent de nouveaux affects positifs ou péjoratifs), et des traits périphériques qui ne provoquent pas une impression nette et tranchée. Les groupes 3 et 4 de l’expérience ont par exemple eu un terme différenciant moins binaire. Les termes « poli » et « insensible » ont donc eu un impact moins important sur l’association d’autres caractéristiques que les termes « chaleureux» et « froid ». Ces chiffres confirment ainsi la dissociation entre des informations jugées centrales dans la formation d’une impression et des informations secondaires visant à appuyer notre ressenti.

 

Impression VS séduction : un rapport de couple

Cette alchimie versatile dessine la prédominance de la compétitivité entre les entreprises, problématique qu’elles ont su intégrer promptement. Car habituellement, avant d’espérer toute forme d’engagement de la part d’un internaute, il faut avant tout se faire remarquer. Une fois qu’il est sur son site ou sur un de ses profils numériques, la marque doit généralement se lancer dans une parade de jeu de séduction. Ce premier « rendez-vous » est crucial, car la première impression reste souvent la bonne aux yeux des internautes. Un jugement affectif servant de référence et qui peut nous coller des œillères. Vu l’enjeu, il ne faut donc pas rester austère aux évolutions, car même si l’authenticité brute peut arborer un caractère salutaire, l’optimisation de son « naturel » augmente les probabilités d’arriver à ses fins.

La vérité sort de la bouche des enfants certes, mais également de celle des consommateurs. Les études montrent ainsi qu’ils se font une idée fixe d’un site internet en moins de 10 secondes, poussés par la loi de Weibull. De vrais Usain Bolt au regard revolver ! Alors quand bien même l’habit ne fait pas le moine, méfiez-vous que votre apparence d’érudit ne vous colle pas une étiquette funeste aux yeux de vos clients. La première chose pour espérer faire s’engager ces visiteurs réside donc dans le fait de se parer de son plus bel apparat. Si on parle de vitrine et d’image numérique, c’est bien qu’il faut se mettre sur son 31. Lorsque vous avez un rendez-vous important, vous faites attention à votre présentation, alors pourquoi ne pas poursuivre cet effort sur Internet ? Sinon, le jugement qui émane de ce premier coup d’œil peut rapidement sonner le glas fatidique de vos tentatives pour captiver leur attention et les faire s’engager.

Comme dans un ménage, la première impression nécessite donc des efforts de la part de la personne qui veut plaire. Cet investissement est un pré requis indispensable afin que les deux parties collaborent par la suite vers un but qui les lie conjointement. Mais pour que l’équation ne soit pas caduque, il faut que chacun y trouve son compte. Il ne faut pas non plus oublier que les internautes sont volages et adeptes de la polygamie commerciale. 

Pour faire bonne impression, nul besoin de vous éclipser du côté sombre de la force avec une succession d’offres promotionnelles envahissantes en espérant que la magie opère dès le premier regard. Les internautes n’aiment pas toujours les sites bodybuildés ou ceux aux décolletés trop plongeants (quoi que…). Voici quelques traits qui déterminent le pouvoir d’attraction (sans même se saupoudrer de déodorant Axe) et la rationalisation de nos échanges interpersonnels (théorie de l’équilibre de Heider) :

  • la proximité et la familiarité

  • la similarité et la réciprocité

  • la sobriété et l’identification

La meilleure technique de séduction, c’est donc l’empathie et la faculté à se mettre dans la peau d’autrui. Évitons de se mettre dans la peau d’un grand séducteur, car comme un certain Giuseppe de la télé réalité, les extrêmes ne plaisent souvent qu’à une minorité. Mémorisons également que pour plaire à un maximum de personnes, mieux vaut ne pas insister sur des signes ostentatoires qui pourraient déplaire.

C’est la raison pour laquelle on observe régulièrement des recommandations spécifiant l’importance de mettre ses différences de côté et de répondre à des objectifs fédérateurs. Tout en affichant votre ADN sur vos supports de communication, l’idée consiste régulièrement à rester dans une certaine sobriété pour plaire au plus grand nombre. Cette neutralité a effectivement plus de chances de laisser l’internaute s’approprier les codes de votre enseigne et s’y identifier. Pourquoi croyez-vous que ce cher Stéphane Plazza conseille de peindre les murs en blancs pour laisser les gens se projeter en découvrant un bien immobilier ? Toutefois si vous savez que vos clients sont manifestement attirés par certains signes, fonctionnalités ou ton de discussion, se caler sur ces connaissances est un choix judicieux. Comme pour chaque visite, l’idéal et l’essentiel restent qu’un maximum de personnes soit attiré par vos locaux virtuels. Bien entendu, ceci n’est pas une règle d’or, juste du bon sens. Des recommandations existent d’ailleurs pour vous aider à y voir plus clair (logos, contenus textuels, graphisme, colorimétrie, etc.).

 

De l’impression au biais de confirmation

Comme mentionné précédemment, les apparences sont souvent trompeuses avec les impressions, et notre vision est souvent dupée par ces trompes l’œil subtiles. Ces illusions d’optique qui sont censées nous aider à faire la part des choses peuvent de ce fait nous induire en erreur et guider notre jugement vers des balivernes.

Car une fois qu’une hypothèse est formulée, l’esprit humain tend le plus souvent à corroborer sa véracité. Pourquoi ? Tout simplement parce que notre esprit tend à harmoniser notre rapport aux choses, en favorisant la cohérence (rassurant) et en inhibant les déséquilibres (perturbant). Dans ce cadre, si votre réputation numérique n’a pas la santé au beau fixe, le bouche à oreille peut par exemple affubler sur votre front « ce site est comme-ci ». Un tampon Facebook (en forme de dislike) difficile à effacer et qui peut être le point de départ d’une recherche de confirmation de la part des internautes.

En réalité, cette manifestation universelle se traduit par un biais cognitif que les psychologues appellent le biais de confirmation.

Le biais de confirmation peut grossièrement s’expliquer de deux façons :

  • De manière positive, il peut nous aider à traiter plus rapidement les informations qui nous assaillent en permanence, et de manière plus confortable

  • De manière négative, ce biais met en lumière le fait que rechercher une erreur n’est pas notre activité préférée, dans le sens où cela engendra un coût pouvant nous démontrer que nous nous étions trompés

Dans les deux cas, ce mécanisme peut nous jouer des tours.

Le psychologue Peter Wason a été un des premiers scientifiques à étudier ce phénomène. En 1960, il a l’idée de soumettre une suite de chiffres à des sujets tests (2, 4 et 6). À partir de cette suite, il leur demande de trouver la logique décryptant l’évolution de ce « triplet » (la vraie règle étant « n’importe quelle suite croissante »). Face à cet exercice d’apparence simpliste, les sujets ont eu beaucoup de difficulté à repérer et énoncer la vraie règle, car en réalité, ils cherchaient uniquement des algorithmes confirmant leurs premières impressions au lieu de penser à des logiques non conforme. En d’autres termes, Ils tentaient de confirmer la règle au lieu de l’infirmer.

Cet entêtement à vouloir confirmer ses impressions amène de ce fait les internautes à être davantage sensibles à des informations leur donnant raison qu’à des facteurs qui ne vont pas dans leur sens. Pour illustrer ce constat, les psychologues Sherman et Kunda ont exposé à des sujets tests des informations entrant en contradiction avec une idée qu’ils pensaient vraie, et des éléments confortant leur croyance initiale (des preuves en somme). Avec cette légère manipulation, les résultats montrent que les sujets atténuent la validité du premier ensemble de preuves et accentuent la valeur du second. Une obstination qui à un goût de « je vous l’avais bien dit ».

L’entreprise doit donc chercher à enrayer ces hypothèses pour faire en sorte que les consommateurs ne rentrent pas dans cette dynamique de pensée sélective. Elle doit anticiper les supputations et les chasser en tentant de générer une première impression qui induira des hypothèses favorables à son image et à ses compétences. La recommandation sociale pourra alors faire le reste et créer les maillons d’une chaîne vertueuse pour s’assurer de faire bonne impression au plus grand nombre. En effet, recommander, c’est dire du bien, et entendre du bien, c’est faire davantage confiance d’emblée, partir du bon pied en quelque sorte.

D’autant plus que la théorie du rasoir d’Ockham tranche dans le vif en stipulant que « quand on dispose de plusieurs thèses en compétition qui permettent de prédire exactement les mêmes choses et qu’on ne peut les départager, la plus simple est la meilleure… jusqu’à preuve du contraire ». En d’autres termes, nous validons inconsciemment le modèle le plus simple et l’intégrons à notre mode de pensée.

 

Comment désamorcer une première impression persistante ?

Communiquer sur les réseaux sociaux représente un levier puissant dans la constitution d’un capital sympathie et d’une expertise reconnue. Par exemple, si un internaute est satisfait, il pourra éventuellement se rendre sur votre site ; votre faire-part doit par conséquent être travaillé. Et un site en adéquation avec votre cœur de cible sera alors votre billet pour le lancement d’une relation sur les chapeaux de roues. Mais que faire si vous avez raté le coche ?

« La première impression est toujours la bonne, surtout quand elle est mauvaise » expliquait l’écrivain Henri Jeanson. Ce constat qui fait sourire reste pourtant dans le vrai, car un premier avis s’avère souvent persistant. Or, le psychologue Gawronski note qu’elle peut être parfois modifiée : « ce qu’il faut, c’est que la première impression soit remise en cause dans de multiples contextes. Dans ce cas, les nouvelles expériences deviennent décontextualisées, et la première impression perdra doucement de sa puissance. Mais tant que la première impression n’est contredite que dans le même contexte, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, la première impression dominera quelque soit la fréquence de sa remise en cause par de nouvelles expériences. »

C’est pourquoi les médias sociaux constituent des manœuvres efficaces pour désacraliser la primauté d’une première impression nuisible. En initiant des démarches issues de contextes différents, les internautes reconsidèrent leur point de vue et modifient leur impression générale pour être en phase avec leur vision objective des choses. C’est ce que l’on observe parfois dans le cas de clients mécontents, qui une fois prit en charge deviennent des prescripteurs d’opinions. Le fait est qu’un internaute ne perçoit pas vos propos de la même manière s’ils sont issus de votre site corporate (votre terrain) ou de votre page Facebook (plateforme utilisée par l’internaute).

Ces initiatives connexes, jumelées à une réputation numérique maîtrisée et un site internet correspondant à l’image que l’on souhaite se donner assurent la consolidation de l’effet des impressions pour les rendre durables et stables. Une présence justifiée et domestiquée sur ces canaux communicationnels peut en ce sens procurer le beurre et l’argent du beurre. Une fois en odeur de sainteté, ils peuvent permettre de capitaliser autour de vos efforts et de faire en sorte que vos actes plaisent dans la durée, autour d’un climat de confiance et d’échanges.

À noter que d’emblée, les médias sociaux représentent un excellent moyen de faire une bonne première impression auprès de prospects encore immaculés de votre aura. Une page d’entreprise bien présentée, personnalisée et animée soulignera votre implication et votre sérieux. Répondre à une question, mentionner une source ou remercier un membre de la communauté pour une de ses actions rend la marque sympathique, avenante et disponible. Autant d’affects qui jouent en la faveur de votre réputation numérique, et donc indirectement des impressions que vous générez. À contrario, l’appétence pour les solutions automatiques (publications via des flux RSS, messages privés automatiques, publipostages impersonnels) peut constituer des démarches à double tranchant, dans le sens où elles instaurent une distance avec vos clients, alors qu’ils attendent des échanges humains. L’objectif est donc de faire fructifier vos efforts autour d’actions représentant des valeurs valorisées socialement et professionnellement.

Attention cependant à ne pas s’enfoncer à cause des médias sociaux. À force de vouloir y être présentes pour se donner bonne conscience, les entreprises peuvent laisser à l’abandon ces plateformes communicationnelles et conforter/provoquer une mauvaise impression à leur sujet. Une page non animée, sans photo ou avec des réponses en suspend montre davantage votre nonchalance que votre ouverture d’esprit, même si votre intention était louable…

 

Un constat impressionnant

Même si s’inscrire dans la durée par de l’engagement peut être salutaire, il ne faut pas pour autant négliger la première impression. Car c’est elle qui décidera du barème de base à partir duquel les internautes estimeront la valeur de votre entreprise. C’est pourquoi mieux vaut que vous dégagiez une aura aguichante et rassurante dès le départ.

Alors, quelles idées retenir de cet article ?

  • Il faut accepter qu’un moment aussi fugace soit-il puisse, puisse décider en partie de votre sort
  • Le hasard est l’ennemi du bien. Veillez à le rendre aussi discret qu’un concurrent en dépôt de bilan
  • Vous pouvez tenter de manipuler les idées qui émergent de cette première impression. Mettre tout en œuvre pour associer votre image à un panel d’émotions et de traits  pour former une impression positive.

  • On ne peut pas plaire à tout le monde, Les goûts et les couleurs sont uniques et ce n’est pas plus mal, car ils sont la raison même de telles réflexions. C’est en cela que la séduction, l’attachement et la fidélisation représentent des challenges de tous les jours. Une difficulté qui peut en décourager certains, mais surtout en motiver plus d’un ;) !

Et si la maxime « vous n’avez jamais de seconde chance pour faire bonne impression » n’était plus hégémonique ?  Une chose est sûre, la certitude est une chose incertaine.

 

Et vous, qu’elle a été votre première impression en vous rendant sur cet article ? Et votre dernière ? Repensez à ce cheminement de pensée et vous verrez que cet exercice peut vous permettre de le provoquer chez d’autres personnes.

 

http://www.psycheduweb.fr/dossier-13-le-community-manager-multitache-ou-specialise/

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4 comments
4h18
4h18

Séduire... Mais vouloir trop plaire, c'est le plaisir de moches (Renaud - En cloque). Sur le net, idem. Vouloir se montrer trop blanc, trop honnête, étrange. Aux innocents les mains pleine non ?... Vouloir plaire au plus grand nombre ? Pourquoi ? Mieux vaut cerner ceux à qui l'on veut plaire, et être en phase avec leurs attentes, leurs besoins. Dans l'idée de couper le fil du net, j'incite souvent les gens à me contacter par téléphone. "Réhumaniser" la relation est important. Et puis, se parler de vive voix, c'est aussi un atout ! Sur MBA* je fonctionne de la sorte, et cela me porte bonheur, puisque j'ai conclu quelques ventes par le biais du téléphone. Les clients en savent plus sur moi, et peuvent me poser leurs questions directement. De fait, cette humanisation permet de donner une image de proximité, d'écoute. C'est une forme de SAV en amont, une façon d'instaurer une confiance entre mon client et moi. La séduction, le maquillage, tout cela est bien beau, mais au fond, ce qui importe, c'est tout se qui se cache derrière. Et là, les meilleurs séducteurs ne sont certainement pas ceux qui tiennent sur le long terme. Il faut trouver un équilibre et accepter de perdre certaines bataille pour remporter la victoire finale (si je puis m'exprimer ainsi).

Nathalie
Nathalie

très bon article d’analyse ! Autant lorsque l'on rencontre une personne pour la première fois on peut se tromper ... la première impression est souvent la bonne mais pas que ... Après c'est plus dur de rattraper le coup mais tout dépend si l'interlocuteur veut vous donner une seconde chance et gratter un peu ! Sur le net, ça doit aller vite donc la première impression doit être la bonne, sinon tu rames !

Ronan Boussicaud
Ronan Boussicaud

Bien dit Stephane ! C'est vrai que mon article dépeint un compromis neutre qui tend à séduire au plus grand nombre, alors que pour certains cela n'est pas forcément la meilleure stratégie à adopter. Comme toi, plusieurs entreprises doivent au contraire insister sur les points érogènes qui fonctionnent sur les cibles visés. Cela peut-être le téléphone, un ton assumé sur des plateformes communicationnelles, etc.(cf la phrase de mon articles "Toutefois si vous savez que vos clients sont manifestement attirés par certains signes, fonctionnalités ou ton de discussion, se caler sur ces connaissances est un choix judicieux.") La notion de "réhumanisation" est un autre débat passionnant qui mérite d'être traité, et qui répond en partie à cette problématique de la première impression. Merci pour cette intervention enrichissante et ton témoignage !

Ronan Boussicaud
Ronan Boussicaud

Bonjour et merci Nathalie. Il est vrai que si l'adage "la première impression est souvent la bonne" est en soit légitime, il est toutefois intéressant de noter que nous agissons inconsciemment pour œuvrer à sa véracité. Si ce réflexe s'avère vrai IRL, la probabilité de revoir la personne et de changer d'avis en cas de mauvaise impression est néanmoins largement supérieure dans la vraie vie que sur le web. Sur la toile, nous communiquons, observons et entendons parler de beaucoup de personnes physiques où la relation épistolaire se limite au clavier et à l'écran. Difficile dans ce cas d'aller "plus loin" et de voir au delà des apparences. Un piège possible pour les marques qui peuvent se laisser enfermer dans des opinions partagées indirectement par du bouche à oreille. D'où la nécessité de prendre conscience de l'importance de cette première impression, et de faire en sorte de s'assurer qu'elle soit positive ;) !!

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  3. [...] dires d’une personne pour se former une impression générale. À partir de cette impression (relire l’article sur la première impression avec Asch), des traits inhérents à cette entité vont être inférés. En d’autres termes, [...]