Les techniques secrètes de l’engagement sur internet

 

Si vous cherchez un philtre d’amour pour passer la bague au doigt à votre conjoint, passez votre chemin. Cet article vise à expliciter des astuces permettant d’alpaguer les internautes et de provoquer en eux une réaction que vous souhaitez : l’engagement. Comment ? En instaurant un effet domino inconscient.

Si vous avez l’habitude de lire des articles traitants des médias sociaux, vous n’avez pas pu passer à côté de la notion d’engagement (même si le storytelling a plus la côte depuis quelque temps). Escomptée par les marques, démocratisée par les blogueurs, monétisée par les agences et recommandée par les internautes, cette notion est un pilier du web social qui sait se faire désirer.

Au-delà des considérations mercantiles, l’engagement c’est avant tout l’assurance d’une synergie productive avec la marque, le signe indéniable d’une cardiométrie au beau fixe. C’est également l’opportunité de travailler sur des problématiques centrales comme la relation client.

Toutefois, savez-vous réellement ce que sous-entend l’engagement ? Ce nom recouvre-t-il plusieurs réalités/vérités ? Quelles techniques peuvent faciliter son émergence ? Par quels leviers webmarketing cela peut-il se traduire ? Comment les internautes peuvent s’engager par eux-même ? Comment exploiter l’engagement pour en soutirer des bénéfices durables  ?

 

Qu’est-ce que l’engagement ?

En psychologie sociale, l’engagement désigne le lien entre les actes et les décisions d’un individu. Ce processus peut se poursuivre dans un engrenage influençant les futures prises de décision. Selon la théorie de l’engagement de Kiesler (1971), seuls nos actes nous engagent au yeux d’autrui. Nos opinions, désirs et revendications ne sont pas visibles à la différence de l’action. L’engagement est ainsi l’opération ostentatoire du cheminement de pensée.

En ces temps modernes, le terme d’engagement recouvre plusieurs réalités :

  • L’engagement spontané
  • L’engagement durable
  • L’engagement par intérêt
  • L’engagement par conviction

L’engagement est une thématique récurrente dans le contexte actuel. Cet angle communicationnel correspond à une politique légitime voulant mettre les clients et prospects au centre des campagnes. Les marques commencent à comprendre qu’elles sont dépendantes du bon vouloir de ces visiteurs virtuels. D’où la nécessite de donner pour recevoir, en leur proposant des services et contenus utiles par exemple.

Ce mélange détonnant d’interactions, d’intérêts et d’affinités est donc un bien inestimable. Seulement, même si les internautes sont demandeurs, l’engagement est une denrée rare, car elle doit se mériter. Les internautes doivent trouver une plus-value dans vos actions. En effet, la rentabilité des interventions est un leitmotiv qui les pousse à réfléchir avant d’agir et à modérer ou pondérer leurs réactions. La notion d’engagement n’est donc pas un pré-requi inné chez les entreprises, même si certaines enseignes aux produits fédérateurs ont su avec le temps bénéficier d’une tendance naturelle à provoquer l’engagement.

Les internautes sélectionnent ainsi leurs interventions en fonction d l’interprétation qu’ils font face à des stimuli dont ils sont en permanence assaillis. Dans la plupart des cas, l’appât du gain et l’acquisition d’un bien virtuel peuvent suffire sur le court terme (ebooks, présentations, etc.). Néanmoins, la reconnaissance et considération de leurs actions justifie à coup sûr leur engagement sur le long terme. En outre, mieux vaut se méfier de l’utilisation excessive des leviers marketing « one-shot » bling-bling. L’accumulation de jeux-concours et d’offres promotionnelles peut conduire à la fondation d’une communauté plus vénale qu’amicale, davantage intéressée qu’intéressante. Les sociétés ont plus à y gagner en s’attachant à ce que les internautes apprécient leurs services ainsi que leurs efforts pour ce qu’ils sont. Attention donc à ne pas s’enfermer dans un jeu de rôle qui n’est pas le sien.

Évidemment, il existe différents degrés d’engagement qui amènent les internautes à être de simples curieux ou de vrais ambassadeurs de marque. Pour schématiser grossièrement, on distingue (sur cette infographie de l’agence NicetoFeedYou) 7 étapes d’engagement :

Les 7 étapes de l'engagement sur Internet

Selon Kiesler (le pape de l’engagement), plusieurs facteurs sont nécessaires à l’engagement d’un internaute auprès de votre marque :

  • La liberté associée à la réalisation de l’acte. L’internaute doit se sentir libre dans ces choix et ses prises de décisions. On peut provoquer ce sentiment en indiquant cette notion de libre arbitre “Vous êtes libre de ne pas participer” par exemple.
  • Les spécificités de l’acte amenant à l’engagement. Est-il coûteux ou non, explicite ou implicite, public ou privé, irrévocable ou non, répété ou pas ?
  • L’enjeu des individus quant à cet engagement. Cette opération leur apporte-t-elle une plus value ? L’engagement renvoie-t-il à des éléments jugés prédominants et rentables pour l’individu ?

 

Comment provoquer l’engagement ?

Très bien, trêve de barbus barbants, passons à la pratique. Euh en  fait pas tout à fait, car pour vous exposer des cas pratiques, il faut encore se référer à la théorie de l’engagement de Kiesler.

Pour immiscer un engagement constant et pérenne, vous n’êtes pas obligé de faire l’aumône ou de soudoyer les internautes. Avec des techniques universelles, vous pouvez être capable d’instaurer une réaction en chaîne qui amènera naturellement à l’engagement. Un mini « effet papillon » en somme. Pour ce faire, vous devrez souvent vous efforcer à provoquer des actes à priori anodins, mais qui auront pour conséquence d’engager ceux qui l’auront commis. Des astuces peu éloignées de la soumission consentie et de la manipulation mentale.

Petit tour du propriétaire, avec des noms bien saugrenus (vous allez prendre votre pied !) :

  • L’amorçage

Appâter pour mieux férrer le poissonCette technique marketing consiste à obtenir l’assentiment d’un individu avant de lui présenter ce que vous attendez réellement de lui. En d’autres termes, c’est obtenir un “oui” avant de l’informer de la totalité des informations. Pour illustrer cette manipulation, Cialdini et Cacioppo ont développé une expérience ou un professeur contacte ses étudiants. Dans une condition, il leur demande de participer à une expérience à 7h du matin, le seul créneau disponible. Dans une deuxième condition, il les sollicite simplement pour venir prendre part à une expérience. Une fois leur accord obtenu, il précise que le rendez-vous est 7h du matin. Résultat : 31% acceptent dans la première condition, contre 56% avec la technique de l’amorçage. C’est donc le recueil du “oui” des étudiants qui les a engagés implicitement, et les a ainsi poussé à venir en plus grand nombre.

Sur Internet, on pense aussi à tort qu’il est trop tard pour faire marche arrière et refuser une demande. Un réflexe de politesse qui peut amener les sociétés à user de ce levier. En les appâtant avec des services gratuits ou des documents créés par vos soins, ils seront plus à même de réaliser des actions plus importantes par la suite. Vous pouvez par exemple proposer un contenu gratuitement téléchargeable. Cet envie amène une action prenant gage d’un « oui, je veux recevoir ce document ». En faisant la demande, les internautes sont alors sollicités pour remplissage un formulaire de contact par exemple.

  • Le pied-dans-la-porte

Bien connu des commerciaux terrain, ce procédé a fait ses preuves. Cette astuce vise à faire une demande peu coûteuse qui sera vraisemblablement acceptée, suivie d’une demande plus coûteuse. Cette deuxième requête aurait dans la plupart des cas été refusée si elle n’avait pas été précédée d’une première demande moins coûteuse. L’acceptation de la première instaure donc une sorte de palier qui amène plus facilement à l’engagement.

La technique du pied dans la porte Les psychologues Français Beauvois et Joule (cocorico) ont  réalisé une expérience avec des étudiants. Un groupe témoin est « invité » à ne plus fumer de tabac pendant plusieurs jours. L’autre groupe a reçu la demande de stopper leur consommation de cigarettes pendant tout une journée (petite demande), puis après ces 24h pendant plusieurs jours (grosse demande). Les résultats montrent que le jour test pour le deuxième groupe les a engagé et à rendu le refus de la demande plus coûteuse plus difficile. Les étudiants se sont ainsi sentis obligé de continuer alors que rien ne les y obligeait, alors qu’en parallèle le premier groupe n’a que très peu accepté la demande.

Outre les campagnes anti-tabac, cette technique peut également s’avérer efficace sur Internet. On observe d’ailleurs des pratiques qui usent et abusent de ce stratagème comme par exemple les applications visant à liker une page Facebook. Une fois fans, les internautes reçoivent des sollicitations régulières et plus coûteuses. Sinon, les société peuvent très bien prospecter auprès de contacts commerciaux pour leur demander leur mail, et après quelques jours, les solliciter par e-mail pour leur faire prendre connaissance de votre offre. En outre, vous pouvez proposer à vos contacts de s’abonner à votre newsletter sur vos supports de communication en ligne. Cet acte véniel et rentable, aux yeux des internautes, peut vous ouvrir les portes de communautés d’adresses mail dit “OPT-IN” (ayant validé leur inscription et donner leur “consentement”). Vous aurez alors la voie Hollande royal(e) pour dispenser habilement des campagnes e-mailing savamment étudiées, et créer des scénarios à intervalles réguliers pour chercher l’engagement de vos abonnés avec diverses requêtes.

  • Le pied-dans-la-bouche

Suggerer la necessité pour favoriser la volontéCe subterfuge souligne le fait qu’établir un climat de sympathie et de sécurité améliore le taux d’acceptation d’une supplication. Howard a mis en lumière ce processus en 1990. Ce chercheur a développé une expérience où il cherchait à faire acheter des cookies à des individus par téléphone au profit des Restaurants du Cœur. Dans une première condition, la requête était formulée directement. Dans une seconde condition, il débutait par une formule de politesse. “Comment allez-vous aujourd’hui ? (…) Je suis ravi que vous alliez bien.” Ce premier pas exige des gens une certaine coopération pour répondre. On peut penser que cette ruse soit un artifice, pourtant les résultats montrent que la formule de politesse a fait grimper le taux de commande de 10 à 25%. Le fait de faire précéder une requête par un dialogue augmente l’acceptation de cette requête, par rapport à une requête introduite directement sans dialogue. L’explication vient du fait que le ressenti de confiance permet de mettre dans de meilleures dispositions l’individu avant de lui demander ce qu’on désire vraiment.

Sur le web, cet effet est d’autant plus probant dès lors que l’on signale à l’internaute que son implication répond à un besoin et que sa participation est utile. On peut par exemple imaginer utiliser cette technique avec des questionnaires en ligne pour que les participants se sentent investit d’une mission et saisissent la nécessite de leurs interventions. La publication de statuts sur les réseaux sociaux peut également inclure une dimension interrogative pour leur demander leur avis. Cette considération induira une participation accrue avec davantage de likes, de commentaires, de partages, etc.

  •  La porte-au-nez

Cette astuce digne d’un certain machiavel est particulière dans le sens où elle ne tente pas d’obtenir un accord, mais plutôt un refus. De quelle manière ? En formulant successivement deux requêtes diamétralement opposées. Après avoir prononcé une réclamation présentant un coût très élevé qui a peu de chance d’être acceptée, il convient de proposer une deuxième demande beaucoup moins coûteuse. Ici, la finalité et le comportement désiré sont donc relatifs à la deuxième sollicitation. Pensez à vos chers bambins qui vous demandent un scooter, et face à votre refus logique vous demande « un iPhone pour la peine ». En jouant sur des problématiques de culpabilité et de dissonance, un accord est plus facile à concéder après un refus.

Cialdini (encore lui) et ses collaborateurs  ont proposé à des étudiants (encore eux) de parrainer chacun un adolescent d’un centre de détention pour jeunes délinquants à raison de deux heures par semaine et ce, pendant deux ans. Gloups ! Après avoir formuler cette infamie requête fortement rejetée, les expérimentateurs suggèrent aux mêmes sujets une sortie unique de deux heures pour parrainer un des garçons du centre de détention. Résultat : le nombre d’acceptations de parrainage a tout bonnement triplés avec cette technique face à un groupe contrôle d’étudiants auxquels seule cette sortie unique était proposée.

Sur la toile, les marketeurs peuvent solliciter des internautes ciblés pour leur demander de répondre à un mail engageant un achat ou une commande, et face à un refus les demander par la suite en contact sur Viadéo et LinkedIn. On peut également imaginer que les sites jouent sur la surenchère argumentaire en insistant sur les mérites de leurs produits et services premium. Mais face à la nonchalance de leurs visiteurs, les entreprises décident de mettre en avant l’inscription à une newsletter ou des promotions attractives sur ces même pages . Le but est de présenter l’objectif final comme un compromis ou une faveur jugée acceptable.

  • Le leurre

Cette variante de l’amorçage pousse une personne à s’engager dans la réalisation d’une action avant d’être informée que celle-ci n’est plus possible, mais qu’une alternative (plus coûteuse ou moins bénéfique) est disponible. Sur la toile, plusieurs entreprises et sites nous font dresser les poils avec des contenus alléchants, mais… inaccessibles. On peut citer Viadéo par exemple qui attire l’internaute pour savoir qui a consulté son profil, mais qui rend souvent ces informations inaccessibles. À la place, une publicité qui nous informe qu’il faut souscrire à un compte premium. J’ai délibérément mis cette technique en dernier, car j’émettrai un bémol. Même si cela peut avoir un impact, ce procédé suppose un sentiment de frustration, voire de manipulation évidente. Après, certains y verront simplement l’émergence d’une curiosité mercantile. C’est le cas de vidéos qui circulent régulièrement sur notre fil d’actualités Facebook. Des titres attractifs qui nous donnent envie de visionner des images, mais qui peuvent nous forcer à partager la vidéo avant de pouvoir le faire. Pire certaines vidéos partagent automatiquement le lien à tous ses contacts une fois arrivé sur son URL. Du fishing comme on les aime pour avoir un bon rendu des intérêts peu avouables de ses contacts professionnels ;) !

>> Au final, on comprend que pour créer de l’engagement offline ou online, il faut instaurer une dynamique d’engrenage. Le psychologue Joule dit d’ailleurs « on désignera par engrenage, la procédure qui consiste à extorquer à l’individu plusieurs décisions successives dont les conséquences sont de plus en plus coûteuses. ». On comprend ainsi qu’au-delà de l’engagement par l’attraction et la séduction, l’engagement s’obtient par le biais de techniques de manipulation articulées autour de situation de soumission latente sans pression explicite. L’art d’obtenir sans imposer prévaut car il s’instaure dans la durée, à contrario de l’autorité et la persuasion intempestive qui n’optimise pas l’engagement sur le long terme.

Si vous avez le temps, je vous invite à consulter cette vidéo instructive qui présente plus en détail tous ces mécanismes.

 

S’embrigader tout seul

 

Notons que si l’engagement résulte souvent d’une communication engageante et persuasive, les individus  peuvent parfois eux-mêmes s’inscrire dans un rapport d’engagement sans s’en rendre compte. C’est ce qui se passe avec des phénomènes dits ‘d’engagement par les actes”. Ça ne vous dit rien ? Imaginez-vous attendre le bus pour aller à votre travail. Vous savez que vous ne devez pas rater le prochain car sinon vous serez en retard. Pourtant, il ne vient pas, il a du retard. Alors, on se dit que l’on va encore attendre 5 minutes avant de trouver un autre moyen. Pourtant, 10 minutes sont passées et vous êtes toujours là à attendre, avec l’angoisse hitchokienne de quitter l’arrêt de peur que le bus arrive et vous file sous le nez. Au final, un autre moyen aurai été plus rapide, mais on s’est persuadé tout seul de continuer à attendre, car ce temps passé est un investissement qu’on ne veut pas gâcher ou remettre en cause.

Cette attitude traduit un rejet de la “dépense gâchée (Arkes et Blumer) nous forçant inconsciemment à rester sur une ligne de conduite peu efficace au détriment d’autres moyens en apparence plus avantageux. Ce phénomène social nous rend victimes de “pièges abscons” (Brockner, Shaw et Rubin). En d’autres termes, nous avons tous tendance à persévérer dans un cours d’actions même si celui si devient déraisonnablement coûteux ou ne permet plus d’atteindre les objectifs prévus. Ceci est encore plus vrai si on est entouré de personnes que l’on voit régulièrement à l’arrêt et qui ne font rien. Par contre si l’une d’entre elles se décide à passer à l’action et partir de l’arrêt, on a plus de chances de se décider à se sortir de cette stratégie d’attente.

Et bien Internet ne fait pas abstraction de ce piège à c*ns ! Il nous arrive très souvent de prendre une décision et de persister dans cette direction même si entre temps nous nous rendons compte que ce choix n’est pas le meilleur. Non ? N’avez-vous jamais acheté l’ensemble des épisodes d’une saga en DVD pour avoir l’ensemble bien homogène alors qu’une nouvelle version moins chère est sortie entre temps ?

Les entreprises le savent et savent habilement jouer sur nos petites manies intentionnelles visant à s’entêter pour proscrire un sentiment d’inachevé. Ce qui est pire que les regrets, ce sont les remords, ce que l’on n’a pas fait ou terminé. C’est pourquoi les consommateurs sont  instinctivement désireux de finir ce qu’ils commencent afin de ne pas goûter à l’amertume. Ils se persuadent eux-mêmes que leur comportement est logique et qu’il doit se poursuivre, même si ce n’est pas la solution la plus rentable ou intéressante pour eux. La boucle doit être bouclée. “Je veux une collection homogène, j’ai acheté un outil en ligne qui ne me satisfait pas, mais je continue à le payer, car changer me reviendrai plus cher”. Pourtant à force d’attendre, c’est l’effet inverse qui se produit.

Le coeur à ses raisons que la raison ignoreOutre ces motivations sous forme de mécanismes de défense pour rester dans une logique qui nous est propre, les internautes s’inscrivent de leur plein gré dans un engagement dès lors que cela implique un enjeu de socialisation. L’intérêt intrinsèque de bien des actes repose souvent sur la volonté de prouver des choses à leurs pairs. Dans la plupart des cas, c’est autrui qui explique notre engagement. La volonté d’impressionner, de se sentir écouté, apprécié, entouré, vivant.

Vous  l’aurez compris, les internautes peuvent eux-mêmes être le premier initiateurs et décisionnaires de l’engagement. Ces phénomènes trouvent une rationalité dans un “effet de gel” (Lewin). Néanmoins, les entreprises peuvent manipuler habilement ces autos-suggestions pour provoquer l’engagement. Pourquoi croyez-vous que les maquettes composées de 35 pièces à acheter fonctionnent ? Après 150 euros de dépensés pour monter une vulgaire voiture de course, qui rechignerai à mettre la main au porte-monnaie pour régler la dernière pièce à 40 euros pour donner un sens à tout cet investissement ?

 

Conclusion

Engager une discussion ou engager un salarié est une chose, mais l’engagement des internautes auprès de votre enseigne a un goût encore plus savoureux. C’est la pierre angulaire de votre succès. Au-delà de votre premier cercle de clients proches et réguliers, ce levier vous permettra de vous créer de nouvelles opportunités. Sous le règne du web 2.0, cette notion nécessite d’être considérée sur le long terme. Les notions d’e-reputation, de ROI ou encore de social CRM reposent essentiellement sur les interactions permanentes avec les marques. Il ne suffit donc plus seulement de provoquer l’engagement, mais également de le nourrir et de l’entretenir (mais pas de le blanchir ;)).

L’engagement ne ment pas, c’est du donnant donnant. En ce sens, les consonautes exigent plus qu’une simple expérience d’achat. Ils recherchent un accompagnement, des réponses, de la considération. Le dialogue, l’abnégation et la transparence sont en ce sens vos meilleures armes pour fédérer un engagement durable et espérer exploiter tout son potentiel. C’est précisément en adaptant sa communication à ces attentes que peut se construire un tremplin salutaire pour faire un bon vers les termes de fidélisation et de recommandation sociale.

Les astuces présentées dans cet article sont des petits plus, des éléments déclenchant (« triggers ») profitables certes, mais qui ne font pas tout. En définitive, faire réaliser à un internaute une tâche souhaitée n’est pas un miracle. Toutefois, maintenir un engagement soutenu et une synergie prolifique relève davantage d’un travail rigoureux. Avec l’importance croissante des communautés fédérées autour de marques sur Internet, il est du ressort des marketeurs de s’investir durablement dans l’enrichissement des rapports avec leurs leads et clients.

Bien au-delà du nombre de likes, de followers ou d’abonnés, l’engagement est la face cachée qui travaille activement à votre succès et à votre reconnaissance digitale et IRL. Favorisez l’usage de problématiques de coworking et de relation client afin d’afficher au grand jour cet allié de l’ombre. Surfez sur de nouvelles tendances comme la gamification pour encourager et rétribuer les interactions. Vos efforts pourraient bien finir par payer et votre taux de participation éclipsera naturellement l’abstention ;)

 

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà utiliser des techniques similaires ?

Pour aller plus loin , je vous conseille de lire l’ouvrage intitulé « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » de Joule et Beauvois.

Si cela ne vous suffit pas, je vous recommande de consulter cette présentation très utile de l’agence Mediaventilo pour trouver des idées d’animation et ainsi espérer améliorer l’engagement de vos communautés :

 

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27 Responses to “Les techniques secrètes de l’engagement sur internet”

  1. Cédric says:

    Excellent article. Très instructif !

    • Merci Cédric, je n’aurai pas fait ça pour rien alors :P !!

      Vous connaissiez ces pratiques auparavant ?

      Les commerciaux oui, mais c’est justement la démarche de mon billet. De montrer que ces mécanismes universelles peuvent être applicables dans une logique de marketing digitale. Il y a d’ailleurs beaucoup de marques qui doivent utiliser ces leviers sans trop s’en apercevoir.

  2. Bonjour Ronan,
    Excellent article, très complet et riche en analyse… Si ce n’est qu’il manque la source de l’infographie, à savoir notre agence, dont la licence CC est clairement indiquée en footer de l’infographie (qui a été cropée ici…). Je pense que la moindre des choses aurait été de respecter cette licence, au vu de la vision stratégique apportée.
    Cdlt
    Ange

    • Bonjour Ange,

      Merci et Méaculpa pour la source. E nrègle générale, j’essaie de citer les agences sur ce type de contenus (cf Media ventilo) mais en rognant l’image j’ai simplement oublié. L’erreur est réparée ;) !!

      Merci d’avoir réalisé cette super infographie en tout cas !

      Au plaisir.

  3. J’adore!!! Excellent article…
    je share !!!

  4. Tout simplement passionnant! Merci

  5. erwan says:

    Vous avez malheureusement oublié de citer le livre dont votre article est un résumé : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens », de Joule et Beauvois.

    Cordialement

    • C’est vrai Erwan, plusieurs contacts ont d’ailleurs cité ce livre à la lecture de mon article. J’ai vu le nom de cet ouvrage à plusieurs reprise, je vais sans doute le mentionner dans mon article alors ;).

  6. Merci pour cet excellent article ! Connaissez-vous ces techniques auparavant ? Oui, et elles sont transposables pour le marketing digital.

    Cela me rappelle les techniques utilisées pour le « street fundraising » que j’ai pratiqué pendant 5 mois en Australie : travail qui consiste à collecter des fonds sur les lieux publics et qui nécessite d’obtenir le numéro de la carte bleue pour procéder à des prélèvements automatiques mensuels !
    Cela paraît fou, mais en pratiquant le type de méthode que vous décrivez, le « one minute friend » : « comment allez-vous » et engager la discussion, rien de tel pour un climat de confiance .
    Ensuite par politesse, elle écoute jusqu’au bout le « speech ».
    Je rajouterai juste que la personne à besoin de s’identifier dans le discours et de se projeter.
    En l’occurrence, il s’agissait d’un organisme caritatif, mais les phrases de notre speech commençaient toutes par « imaginez, vous êtes si….. », « seriez vous heureux de cette situation ? ».
    La méthode qui fonctionnait le mieux pour obtenir la signature était l’assomption : «pensez vous qu’il faut les aider ? » , « super, vous avez une visa ou une mastercard ?» tout en commençant à remplir le formulaire…

    • Bonjour Chloé,

      Et bien merci pour ce témoignage fort agréable. Pour dire vrai, je n’aurai pas aimé vous croiser avec ces techniques, je n’aurai pas trop su quoi répondre. mais votre expérience donne un bonne idée de savoir jusqu’aux ces leviers peuvent amener. Les codes bancaires…vous aviez le droit :P ??

      Je crois d’ailleurs que France2 va bientôt présenter une émissions sur les techniques marketing utilisées par les commerciaux et les bénévoles comme vous. je suis certain que l’on apprendrai beaucoup de choses ;) !

      • Les codes bancaires…vous aviez le droit ??

        Oui, je ne sais pas si c’était spécifique à l’Australie, mais si le futur donateur signe l’autorisation de prélèvement, il donne son accord, c’est pareil pour les achats en ligne : on donne nos numéros de cartes bancaires pour finaliser l’achat.

        Effectivement, ces techniques sont assez redoutables, et c’est pour cela que les agences prestataires de ces organismes caritatifs « pullulent » ; du moins en Australie.C’était une bonne expérience d’être « sur le terrain »

        Je précise juste que ce n’est pas mon métier, J’ai justement été impressionnée(et effrayée) par l’efficacité de ces méthodes même si il s’agissait d’une « bonne cause ».
        Cela dit, c’est un job assez populaire et rentable pour les « backpackers » (appellation pour les jeunes qui passent un an en Australie avec le permis-vacances travail) qui parlent bien anglais; de plus ils font le bonheur de ces sociétés (Imaginez une bande de jeunes sympas, présentables, type auberge espagnole qui vous accostent et vous parlent d’une cause tout en sympathisant avec vous…)

        Merci pour l’info sur le documentaire, ça me rappellera des souvenirs !

  7. Pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe un livre qui s’appel « Le Bluff Marketing » (Par Clément Grandjean – Editions Pointerolle), que j’ai trouvé par hasard sur iTunes. Je suis resté sur le c*l en le lisant.

    La facilité avec la quelle nous sommes « manipulés » par le marketing est simplement hallucinante.

    Cette manipulation est rendue possible par le conditionnement. Société de consommation, acheter telle ou telle marque pour être dans le coup vis à vis des autres (réseau social IRL).

    Alors que je suis en train de mettre en place « mon produit », je préfère aborder la phase marketing comme une forme de jeu. Cela rend la chose plus « louable », avec pour but, de proposer quelque chose de concret et viable à mes clients.

    En cela, ton article m’est très utile ! Merci (:

    • Merci pour la source, je tâcherai d’y jeter un œil si j’en ai l’occasion ;) !!

      C’est vrai que la meilleur manière d’exploiter toutes les opportunités du marketing, c’est de l’enrober d’un côté ludique par le jeu. La gammification n’est pas sortie de nulle part on dirait ;)

      En cela, je pense qu’il existe vraiment des ingrédients universelles qui font échos à des réflexes humains, et pouvant être potentiellement porté par la stratégie digitale. Le conditionnement est puissant, mais quand on y regarde de près, c’est un peu flippant car on se rend bien compte que toute notre vie sociale est régie par ces pressions sociales implicites. Déjà que visuellement notre vision est polluée par des affiches en tout genre, et notre attention parasitée par des leviers push…

      Bref, merci bien de ta participation et à la prochaine ;)

      • Il subsiste une question dans tout cela, dont on entend bien peu parler : l’éthique.

        On peut se retrouver avec des produits de m**de, mais qui vont se vendre grâce à un marketing de folie. D’un point de vue moral, cela devrait poser quelques questions. Bah non… On a crée le Veau D’or…

        Quand à nos réflexes, à force, je ne sais plus si c’est « Humain » (lié à notre côté animal, génétique) ou bien si nous sommes un produit résultant d’une surexposition à la consommation.

        Ce que je sais, c’est qu’il faut faire avec :)

        • Deux très bonnes questions…mais qui n’aurons malheureusement jamais de vrais réponses… C’est toute la complexité des rapports aux médias et à la consommation.

          Rien que pour l’alimentaire, les « produits de l »année » qui payent en réalité pour avoir l’appellation, les « médailles d’or » alors qu’il n’y a que 5 concurrents en compétition…sont autant de repères jugés crédible…par les médias eux-même (les pub corporate par exemple). On se rend bien compte que pour être vraiment objectif, il faut se transformer en vieux c*n qui passe son temps à regarder TOUTES les étiquettes et à refaire le monde au bar devant des amis médusées…

          Alors, laisser faire ou entre en guerre; je pense que le meilleur est compromis et d’en prendre conscience, et de faire avec ;)

          • Les fameux produits de l’année, qui sortent en début… d’année. Voilà un truc qui m’a toujours fait sourire… jaune.

            Si l’on y réfléchit un instant, comment peut-on élire un produit comme produit de l’année alors que celle-ci ne fait que commencer ??? En sport, les récompenses, c’est à la fin de la compétition, pas au début.

            Alors, partir en guerre, ce n’est pas la bonne chose. En revanche, si chacun, à son niveau y met un peu du sien, ça peut bouger.

            Ouaip, je suis un indécrottable utopique, ça me fait vivre !

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