Qu’est-ce qui pousse les internautes à partager vos contenus sur le web ?

On entend régulièrement que l’internaute est en passe de devenir un média à part entière. Un être au centre de l’attention et des échanges qui régule les flux d’informations qui gravitent autour de lui. Il trie, s’abonne, sélectionne et partage les informations qui l’intéresse. Néanmoins, considérer « l’homo-internetus » comme un être omniscient, c’est omettre que les raisons intrinsèques qui provoquent l’acte de partage dépassent le plus souvent les simples motivations hédoniques.

Suite à des échanges avec certains blogueurs et à plusieurs billets traitant du partage sur la toile, il était temps d’ajouter mon grain de sel. Je ne vais pas m’étendre ici sur les raisons qui poussent les internautes à partager leur vie privée sur la toile (avec toutes les répercutions sur la quête identitaire et l’estime de soi comme les selfies, etc.) comme l’a brillamment évoqué la dernière chronique des échos, mais plutôt à ce qui les incite à partager les contenus d’autrui.

Dans ce billet, je vais davantage m’attarder sur ces interrogations :

  • l’émotion peut-elle être manipulée pour créer un désir de partage ?
  • Sommes-nous conditionnés à partager ?
  • L’infobésité pousse t-elle à la diète cérébrale et au partage à l’aveugle ? Partager c'est bon pour la santé

Car je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ce qui est un peu déroutant en ce moment, c’est le contraste saisissant entre la quantité gargantuesque de partages en tout genre (likes, RT, pin, scoop, etc.) et à contrario l’effervescence d’articles sur le “spleen marketing”, une sorte de lassitude des thématiques autour du community management et du webmarketing.

Quelle est la partition de cette « flûte enchantée » qui bourdonne à notre oreille interne pour envoyer les signaux si précieux guidant nos doigts vers les boutons de partage ? Les contenus viraux tournent-ils à une commercialisation de l’affect ?  Qui prend encore le temps de lire des articles de fond en comble (les braves partageront l’article avec le chiffre « 2048″ :P) ?

De l’émotion primaire au bullshit marketing ?

Depuis la nuit des temps, les émotions guident les pensées et les actions des individus. Une mère sourit à son enfant, il lui sourit à son tour. Une forme de partage archaïque à partir d’une simple émotion. Pour rependre ces liens affectifs, la communication a au fil du temps aiguisé sa faculté à jongler avec les mots pour orienter les choix et les décisions des individualités. La contagion sociale et les effets de foules font le reste pour associer un stimulus à un partage adéquat.

Aujourd’hui sur Internet, les contenus choquent, séduisent, surprennent, dégoûtent, mais ils laissent rarement indifférents. Car derrière les actualités de fond, factuelles (mais passablement ennuyeuses pour beaucoup), l’esprit humain apprécie la légèreté, même fugace, pour avoir sa dose quotidienne de bonne humeur.

Pour répondre à cette envie d’oisiveté, de plus en plus de sites internet tirent sur la corde sensible pour nous faire réagir, et provoquer de l’engagement. Pour matérialiser cette typologie des émotions, des catégories affectives (du WTF, du OMG, du LOL, du HOT) viennent jouer le rôle d’allégories de  l’émotion visée et permettent aux internautes d’anticiper leur ressenti, voire évaluer l’intérêt que ce contenu représente dans le cas d’un éventuel partage à leur propre réseau.

Adopter un positionnement de content marketing basé sur le bien-être, c’est judicieux, car même avec certaines émotions “négatives” comme la nostalgie, un simple remix de la chanson du Roi Lion renvoie l’internaute à des souvenirs heureux et devient un nid à RT. Sur cette réinterprétation de la roue des émotions du célèbre psychologue Robert Plutchick, on note d’ailleurs que les émotions primaires génèrent des états mixtes créant ainsi des combinaisons en cascades et des mélanges, comme pour un prisme de couleur.

roue des émotions et partages sur le web

Malheureusement, on arrive à un stade où l’industrialisation de l’émotion devient disgracieuse, presque ostentatoire. On prend une historie originale ou un fait extra-ordinaire, on le saupoudre d’un titre racoleur et d’une image sensationnelle pour maximiser le nombre de clics et de partages. Des contenus qui ressemblent parfois à des coquilles vides tant le packaging peut s’avérer attirant et le contenant fade.

Là où des études nous démontrent par A+B (1+1 =3 n’est-ce pas Jean Claude) qu’il existe des contenus qui optimisent l’engagement des internautes, il existe donc tout un tas de thématiques virales (un vrai vocabulaire de #hashtags) qui sont susceptibles de générer des feebacks positives de notre part. Des contenus à forte charge émotionnelle comme :

  • le CUTE > les animaux, les bébés
  • le LOL > les mèmes, les parodies, les  “mash-up”, les princes et princesses Disney relookés
  • les FAILS > bad buzz, compilation de gamelles
  • le TRASH > les agressions gratuites, les accidents de la route et vidéos chocs
  • le TRENDY > Game of Thrones, détournements du jeu 2048
  • les HOT NEWS > Facebook rachète Oculus, 200 millions d’utilisateurs actifs sur Instagram
  • les EPIC WINS > artistes prodigieux, tours du monde en quelques minutes,  exploits sportifs

À travers ces « néologismes », on réalise que chaque émotion est corrélée avec des biens sociaux à fort coefficient affectif qui peuvent renvoyer à une notion d’appartenance (les dessins animés, les séries TV à succès, les répliques de films cultes, etc.). On partage ces contenus comme on en discute de vive voix en groupe car ils ne nous parlent pas seulement à nous, mais également à nos amis. Le bouton de partage n’est là que pour aplatir l’essai, signer notre approbation et notre envie de partager ces découvertes.

liens entre émotions et partages sur les réseaux sociaux

Les émotions les plus propices aux partages

Attention, je parle bien de sites qui basent leur ligne éditoriale sur des contenus purement affectifs. Heureusement, il existe pléthore de sites qui informent et analysent des faits ou des pratiques tout en apportant une vraie valeur ajoutée. Malgré tout, plusieurs voix s’élèvent pour pour dénoncer une « bulle-shit » qui se propage et contamine à présent l’ensemble de la blogosphère. Car en prenant du recul, il serait préférable de produire moins pour produire mieux, partager moins pour partager mieux. Pour autant, les sites sont-ils condamnés à se presser pour être les premiers à profiter d’un thème trendy à défaut d’apporter une analyse utile ?

De la sociabilisation au conditionnement pavlovien

L’internaute est un animal social en ce sens qu’il agit au sein d’un tryptique perpétuel (soi – objet – autrui). Partager c’est exister aux yeux des autres. Ces actions ne sont donc pas anodines puisqu’elles ont un sens et visent à inscrire l’individu dans un contexte culturel précis. L’acte de partage reste indirectement un acte de sociabilisation.

On peut penser que ce centrisme autour du partage peut témoigner d’une forme égoïsme. Or, en réalité, il s’agit davantage d’un narcissisme de groupe, un “oublie de soi” par le partage comme le spécifie Stéphane Hugon, docteur en sociologue dans son interview. En effet, l’envie de partager une expérience s’inscrit comme une main tendu vers des groupes d’appartenances et/ou de références.

On peut néanmoins penser que le partage n’est pas motivé uniquement dans le but de créer du lien social. Il peut être motivé dans le but d’obtenir des formes de compensations auto-centrées. Les compteurs sociaux comme les likes, les commentaires, les +1 et Cie constituent actuellement de vraies formes de rétribution. Pour illustrer cette hypothèse, je vais m’appuyer sur la psychologie et une expérience célèbre : le conditionnement pavlovien.

Ivan Pavlov, médecin et physiologiste de renom a laissé derrière lui une expérience notable où il a démontré comment conditionner un être vivant. En prenant comme sujet de test un chien, il a associé un stimulus (nourriture) à un phénomène environnemental pour provoquer un transfert cognitif. Dans son expérience, le son de la cloche est corrélé à la présence de nourriture. Donc même sans nourriture, le simple son d’une cloche provoque la salivation. Chez l’internaute affamé (ou pas), on peut penser que les RT et likes agissent comme la cloche. En voyant qu’une photo a été fortement partagée, on peut estimer qu’il aura une tendance plus forte à la partager lui-même en espérant avoir les mêmes résultats.

experience pavlof - conditionnement et reflexe conditionnel

Un réflexe conditionnel qui va se trouver accentué par un phénomène de renforcement intermittent. Comment ? Par un stimulus aléatoire qui fonctionne comme la fameuse boite de Skinner (du nom psychologue ayant inventé ce dispositif) .

Prenons un rat de laboratoire. Si le scientifique lui fournit un levier qui produit une boulette de nourriture sur demande, le rongeur va seulement appuyer quand il aura faim. S’il lui met un levier qui produit de la nourriture à des intervalles aléatoires, le rat va appuyer dessus tout le temps. De ce fait, on peut penser que l’internaute publie et partage donc certains contenus dans la simple optique de susciter un engouement car il ne sait pas s’il aura sa « récompense ».

boite de skinnet - conditionnement opérant

Comme mentionné dans cette expérience, on ne sait pas avec exactitude si un contenu que l’on va partager va nous apporter des retours, mais on espère en avoir, notamment si nous sommes nous-mêmes à l’origine du contenu. Seulement par moment, on se pose la question de savoir si le fond importe, tant certains contenus ne semblent pas avoir été lus. Comme pour un mot clé en référencement, tout semble indiquer que l’internaute estime consciemment le potentiel d’un article, d’une vidéo ou d’une photo pour en déduire les profits possibles.

Au final, un cercle vicieux invisible peut se créer, nous incitant implicitement à partager…pour partager. Le pire dans tout ça, c’est que ces réflexes agissent comme des illusions d’optiques, on a beau le savoir, on se fait quand même avoir ;)Le psychologue Edward Lee Thorndike (tu parles d’un nom !) parle d’ailleurs de l’apprentissage par la loi de l’effet  : un comportement suivi d’une récompense sera associé à la situation qui l’a déclenché.

Du plateau repas à la diète cérébrale

Face à la déferlante d’informations disponibles sur la toile pour découvrir, apprendre, analyser, mesurer…le temps de cerveau disponible se fait de plus en plus mince. Car c’est bien connu, à force de vouloir gagner du temps, on finit par en perdre en s’entourant de sources superflues. Alors pour éviter le gaspillage, on consomme régulièrement à l’emporte pièce. Que ceux qui lisent encore cet article lèvent la main…euh..ba partagent cet article alors ;) !

Les internautes sont très peu nombreux à lire les article en détails avant de les partager. Est-un crime ? Certainement pas. Au mieux on espère qu’ils lisent en diagonale. Si bien que certains marketeurs fallacieux élaborent même des stratégies pour plaire à ces “décérébrés généreux”.

vite fait mais mal fait ?Dans les faits, on le sait depuis longtemps, les internautes apprécient les contenus à valeur ajoutée mais ne souhaitent pas forcément avoir mal à la tête à la lecture d’un billet. Apportez un bouquin de 300 pages et un livre blanc de 20 pages traitant du même thème à une personne, je parie qu’elle prendra le livre blanc. Car on se doit d’apprendre vite (et bien ?), au détriment parfois des détails. C’est pourquoi une compilation de chiots adorables à de forte chances de cartonner, là où un article sur la cyberguerre en Syrie risque de passer inaperçu.

L’attention est un denrée rare, ce qui explique en partie que certains misent tout sur le titre, au détriment du contenu des articles. Des contenus “empaquetés pour être partagés” en somme. Un adage qui s’applique d’ailleurs de plus en plus à des sites dits d’information, comme la presse en ligne. Mais chut je ne vous ai rien dit ! Mieux vaut mieux un mensonge qui rassure qu’une vérité qui dérange ;)

Alors, partager, c’est bon pour la santé ?

Alors non, nous ne sommes pas des rats de laboratoires attirés que par l’odeur du fromage. Mais oui, nous semblons davantage concernés par la récompense que par le chemin qui y mène. À force de mémoriser le chemin le plus court pour obtenir une forme de compensation, on peut malheureusement passer à côté d’un apprentissage bien plus salutaire, celui de prendre le temps d’écouter, d’apprendre.

l'appat du gain est-il plus fort que l'intéret des contenus numériques ?

Malheureusement, de plus en plus d’articles aguicheurs mais pas très goûtus arpentent les labyrinthes que sont devenus nos flux d’actualités. Des amuses-gueules appétissants mais qui nous laissent sur notre faim, ce qui ne nous aide pas à faire confiance aux prochains mets. Vive le sophisme et les règles de 10 ! Qu’importe car dans la plupart des cas, seul comptent les partages pour montrer que l’on opère une présence assidue sur le social media. Et si ça permet de  gonfler son Klout en bonus, pourquoi se priver :P

Comprenez-moi bien, je ne dénigre pas la consommation d’information futiles. Au contraire ça fait du bien à tout le monde. Le chercheur Jonah Berger explique d’ailleurs que “nous partageons prioritairement des contenus futiles ou émotionnels non comme fin mais comme moyen de créer du lien à distance”. Je me questionne simplement sur l’avenir des contenus de fond et la prolifération de contenus jetables dans le web de demain.

Et vous, que pensez-vous de tout cela ?
Ma vision est-elle trop clivée ?

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22 Responses to “Qu’est-ce qui pousse les internautes à partager vos contenus sur le web ?”

  1. madLinker says:

    Hmm, bravo et merci.

  2. madLinker says:

    Hmm, bravo et merci.

  3. Une analyse très pertinente ! Merci :)

  4. Une analyse très pertinente ! Merci :)

  5. Nico_VanderB says:

    Très pertinent car j’observe dans mes recherches sur les crises 2.0 un phénomène semblable, à savoir que les gens ne participent plus au bruit du bad buzz par l’indignation ou le fait que cela les ait choqué, mais par le potentiel de viralité négative de l’événement/information en question.

    Exemple: une marque communique via une publicité sexiste. Les gens partagent la publicité en disant « Oh le Fail/bad buzz » et non plus « Mais vous êtes dégueulasse de faire une publicité pareille ».

    Aujourd’hui, une publicité de British Airways « Explorer l’océan indien » a circulé, cela n’a choqué personne d’après ce que j’ai lu comme tweet et pourtant on va appeler au bad buzz.

    En fait le paroxysme de ce cas est l’homme nu de la Redoute. Ce n’est pas un bad buzz car cela ne choque finalement personne. Mais c’est le potentiel de viralité négative qui fait que les gens postent.

  6. Rboussicaud says:

    Nico_VanderB  Très juste. Ce qui intéresse, ce n’est souvent pas le fond, mais la catégorie de l’information. Et s’il s’agit d’une actualité qui sort de l’ordinaire, comme une maladresse de la part d’une marque, on normalise ces erreurs sous formes de critères codifiés et viraux (fails, bad buzz). 
    Ceci démontre bien que les partages représentent surtout un moyen de communiquer à travers une veille thématique par exemple (montrer son expertise dans un domaine), ou à travers des sujets trendy (réactivité).
    Bref, même si les articles, interviews et vidéos peuvent intéresser, ces contenus constituent également des prétextes pour engager son réseau.

  7. Rboussicaud says:

    Nico_VanderB  Très juste. Ce qui intéresse, ce n’est souvent pas le fond, mais la catégorie de l’information. Et s’il s’agit d’une actualité qui sort de l’ordinaire, comme une maladresse de la part d’une marque, on normalise ces erreurs sous formes de critères codifiés et viraux (fails, bad buzz). 
    Ceci démontre bien que les partages représentent surtout un moyen de communiquer à travers une veille thématique par exemple (montrer son expertise dans un domaine), ou à travers des sujets trendy (réactivité).
    Bref, même si les articles, interviews et vidéos peuvent intéresser, ces contenus constituent également des prétextes pour engager son réseau.

  8. Guillaume Dardier says:

    Salut Ronan,
    J’ai TOUT lu (en 2 fois), bravo ! Tu viens d’inventer 3 magnifiques concepts en 1 seul article : « bulle “shit” / « la diète cérébrale » / “décérébrés généreux” (sont-ils tous de toi ? je ne peux croire à autant de génie condensé ;) ).

    Au-delà de la qualité des contenus proposés et du déterminisme relatif des actions engendrés, il me semble qu’il faut aussi considérer la démarche du « consommateur » : dans une même journée, je vais lire une revue et lire un livre. Dans le 1er cas, je suis dans une démarche de détente associée à un besoin de me « décérébrer », dans le second cas je suis ds une démarche d’imprégnation et d’apprentissage.

    J’aurais tendance à penser que le phénomène que tu décris (je ne parle pas des actions de partage) est un peu similaire : le web propose Closer, Gala, le Monde, (ce sont des exemples), et aussi Spinoza. Une même personne, en fonction de sa disponibilité et de sa démarche peut être consommatrice de l’un ou de l’autre.

    Il y a des articles de fond, il y a des articles de forme. D’un point de vue intellectuel, il est un peu vexant de noter que la « récompense » primaire (le partage) puisse être supérieure lorsqu’on propose du « easy-to-share ». J’ai moi-même été extrêmement surpris de la quantité de partages que j’ai eu récemment sur un billet que j’ai écrit rapidement pour « combler le vide » (car j’avais vraiment trop peu publié).

    Pour autant, tu noteras qu’un bon article de fond comme celui que tu proposes ici reçoit quand même sa part de « social-gloire » ;) Et à mon avis, ce qui reste à la fin du mois, ce sont bien les quelques articles de ce type.

    De la même manière, je me souviens des livres que j’ai lus et rarement des articles de Closer (c’est un exemple, une fois encore). Ce qui marque, ce qui donne envie de commenter, ce qui génère l’image, c’est bien le fond.

    La perversion probable vient effectivement de l’annonceur qui cherche un résultat, un « ROI », rapide : du spectaculaire qui conforte le bien-fondé de son investissement. Celui-là encourage des réactions « pavloviennes » que tu décris, se donne une visibilité temporaire, mais ne comprend que ce qui reste en fin de mois, ce n’est pas son billet à 500 tweets.

    La 2° perversion du système que tu décris touche les éditeurs de blog eux-mêmes : quoi qu’on en dise, la « pression au partage » est forte pour un blog d’importance (la visibilité et la notoriété sont leur coeur de business). La visibilité et la notoriété impliquent un rythme de publications et une nécessité de partages quotidiens. Le web est assoiffé.

    J’ai lu récemment sur un « gros site » FR le commentaire un peu dur mais assez justifié d’un internaute qui demandait quelle était la valeur ajoutée d’un article qui se contentait de traduire en qques mots un billet US.

    Objectivement et effectivement, la valeur ajoutée semblait faible. Mais :
    1/ Qui peut écrire chaque jour un ou plusieurs article (s) de fond tout en ayant une activité professionnelle parallèle ? Or, si ces blogs ne publient pas chaque jours ou presque, ils baissent
    2/ L’article en question OFFRE tout de même ses sources de veille, sa traduction et la fraicheur de l’info. Il a donc nativement une valeur ajoutée, même si différente de celle d’un article de fond

    Bref, je m’égare un peu pour mieux revenir sur mon propos :
    1/ un gros blog est « obligé » de produire parfois du contenu light car il vise tous types de populations à différents moments de la journée, chacun ayant une « tranche de cerveau » disponible au moment T.
    2/ cela ne l’empêche pas pour autant de fournir également des contenus de fond à destination de ceux qui ont une tranche de cerveau plus disponible au moment T

    Le risque est de se perdre dans le contenus uniquement buzz et de s’en satisfaire en pensant que la seule visibilité, la seule prise en compte des partages est une consécration suffisante.

    Je n’ai rien contre des article « cheap » (il y a quand-même certaines limites à ne pas franchir en matière de racolage bien-sûr), si l’émetteur est capable de ne pas s’arrêter là.

    En l’occurrence, je m’arrête là :) @++

  9. ChristineNetpub says:

    J’ai tout lu, en détail, puisque j’ai même repéré une faute d’orthographe à 7 lignes de la fin ;-) et j’ai trouvé ça vraiment intéressant !
    C’est vrai que je suis de plus en plus souvent déçue à la lecture d’un article au titre alléchant et qui finalement n’apporte vraiment rien de nouveau ni même de réflexion personnelle.
    Alors merci Ronan !

  10. Rboussicaud says:

    ChristineNetpub  Ah et bien merci pour l’analyse chirurgicale. 
    Si cette lecture a pu vous être utile je suis ravi ;)

  11. Rboussicaud says:

    Guillaume Dardier  ET bien Guillaume merci pour avoir « partagé » ton avis pour enrichir le débat. 
    Effectivement comme tu le stipule, il existe une pression au contenu pour avoir une présence « suffisante ». D’ailleurs les rédacteurs et autres CM doivent rendre des comptes sous forme de ROI, bien souvent quantitatives et pas qualitatives. 
    J’entends très bien qu’il faille se détendre par la lecture de contenus accessibles et peu coûteux cognitivement. Malgré tout, j’ai l’impression que la balance est de moins en moins équilibrée, et que les contenus distrayants prennent le pas sur les contenus de fond. Après, ce n’est pas la fin du monde ;) 
    Après au niveau de la rétention, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. Je pense plutôt que les contenus futiles sont mieux mémorisés car ils sont digestes, ont des titres sensationnels, et sontrapide à consommer (effet de rescence pour la mémoire vive), là où les contenus d’analyse comportent moins de repères mémotechniques. 
    En tout cas pour répondre à ta question, le terme « bulle »shit » a été cité par Matthieu Dufour sur son article éponyme. Les autres termes m’ont été inspirés par l’article lié qui a un vocabulaire particulièrement savoureux ;) !! 
    Merci !

  12. Un bon petit billet qui nous fait bien redescendre sur terre..

  13. Un bon petit billet qui nous fait bien redescendre sur terre..

  14. Excellent article !

    La vidéo de Grégory est très intéressante. Elle relate à merveille notre époque « 2.0″ et notre besoin de partager.

  15. Excellent article !

    La vidéo de Grégory est très intéressante. Elle relate à merveille notre époque « 2.0″ et notre besoin de partager.

  16. LaurentBour says:

    Voilà un article qui devait être rédigé… par qui ? Peu importe, mais je suis content que la primeur en revienne à Ronan. J’étudie le snacking content et je me dois de l’incorporer comme le reflet d’une vison à court terme, sur la stratégie de contenu. Cependant il n’existe aucun absolu, et dans le contenu on peut facilement comprendre qu’au travers des formats video par exemple, tout se condense à la seconde pour arriver à pondre un Vine, qui n’offre que 6s d’espace à la créativité d’une nouvelle génération qui perd et gaspille le temps.
    Nous pourrions prendre comme autre exemple le fast-food, qui répond aux mêmes mécanismes et à la recherche du gain de temps… et si je pousse encore un peu plus loin j’en arrive à l’inévitable système qui se fond dans une société de consommation. Rien n’est fait pour durer, il faut consommer et rapidement passer à autre chose. On change de travail, on change de mode vestimentaire, on consomme la nourriture rapidement, on lit furtivement…. mais que fait-on massivement ? La somme de tout cela = gaspiller et perdre son temps.
    Alors est-ce que les contenus de fond sont finis ? Certainement pas ! et je dirais même le contraire bien que tout porte à croire que je me trompe… et pourtant ! Le classique ne ressurgit-il pas dans la mode ? La bonne nourriture n’est-elle pas redécouverte pour ceux qui y revienne ?…
    Ce que je crois fermement, c’est qu’un contraste s’opère, et ceux qui poursuivent dans leurs valeurs, leurs passions premières et ce qui fait d’eux ce qu’ils sont, resteront à mesure que les cadres s’effritent des poteaux indicateurs. Des références qui marqueront un style emprunté à un fondement, qui même s’il ne partage plus comme il y’a quelques mois, sera revisité quoiqu’il arrive par un lectorat qui prendra le temps à bras ouvert pour ne pas le perdre au final !
    Je partage car j’ai surtout pris le temps de lire, de commenter… et de retenir un article de fond qui titille le fond du problème de la diffusion de contenu. Vais-je donner la réplique ? Possible car le débat est là !

  17. JeromeHenrych says:

    Développement intéressant. Merci du partage.

  18. JeromeHenrych says:

    Développement intéressant. Merci du partage.

  19. Julien says:

    Très bon article as usual !

    Comme tu le dis très bien, on partage parfois (souvent) un article plus pour la relation qu’il nous permet d’établir avec les autres que pour son contenu.

    Et à l’ère de l’infobésité et de la culture de la vitesse, ce n’est pas prêt de changer.

    Peut-être qu’un jour on se rendra compte des ravages du « fast content ». En attendant, force est de constater que celui-ci à du succès : il nous rassasie mais il nous ne nourrit pas.

    Julien.

  20. Une fois l’article parcouru, on se sent moins ignorant sur le sujet. Merci!

  21. Oceane says:

    J’ai lu l’article entier mais je l’ai aussi RT… je suis en quête d’identité sociale !

    Article très intéressant, c’est pour dire je ne laisse pas souvent des commentaires. Il faut tout de même redonner un peu de crédit aux personnes qui partagent, non pas pour obtenir une récompense, exister socialement ou établir un lien affectif, mais tout simplement parce qu’elles pensent qu’un contenu peut être bénéfique aux autres, un acte désintéressé donc. Et oui j’en connais des comme ça :)

  22. Pour moi, ce qui se passe sur le web les réseaux sociaux, finalement, c’est comme dans la vie: il y a de tout. Vous parlez de manière générale de ces gens qui partagent frénétiquement sans forcément lire(l’important, c’est aussi: dans quel but partagent-ils? ;) ), mais n’est-ce pas pareil dans la vie de tout les jours? N’avez-vous pas rencontré ces perroquets qui dès qu’on souhaite approfondir un sujet sont perdus? Voilà ce qui me fait penser que cette surabondance d’infos sur les réseaux et le web n’est que le reflet de la société « réelle »; il y a de tout: une belle palette de nuances entre « l’idiot(e)du village et le/la génie »….alors ne mettons pas tout le monde dans le même sac, juste parcequ’on a oublié qu’il fallait toujours faire un tri dans les infos qu’on reçoit.. ;)

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