Comment attirer et conserver l’attention des internautes sur le web social ?

 

Quoi qu’il arrive, ne lisez jamais cet article !!!

Suis-je devenu fou et à tendance virtuellement suicidaire ? Non au contraire, derrière ce titre sournois se cache en réalité une vérité avérée : Les mots sont notre plus grand pouvoir sur le web.

Chaque discours, court ou long, intéressant ou profondément ennuyeux est analysé par notre esprit pour repérer des éléments à mémoriser. Bien entendu nous ne pouvons pas tout retenir. Alors comment s’assurer que notre auditoire retienne à coup sûr les éléments que vous souhaitez valoriser ?

Ce que le marketing nous apporte, ce sont des techniques pour savoir attirer l’œil et séduire, mais comment savoir si le récepteur de message est attentif, concentré et qu’il se souviendra de vous ? C’est donc la psychologie qui nous permettra de connaître les moments propices à l’émission de votre message, le fonctionnement de l’attention et de la rétention de ce dernier par vos futurs clients ainsi que les thématiques universellement séductrices et mémorisables.

L’hiver venu, l’entreprise ayant fait du bruit tout l’été sans réfléchir trouvera un client qui clamera « Et bien raquez maintenant ». Avez-vous le sens de la formule ?

 

Un titre sexy dans un contexte de partage à l’aveugle

Sur le web, avec l’apogée des sites de partage, on s’aperçoit souvent que la plupart des articles qui rencontrent un succès insolent peuvent s’avérer être des articles creux ou peu argumentés. Pourquoi cette reconnaissance peu méritée ? Car ces billets ont pour point commun un titre ravageur. Sur Twitter, par exemple, là où les marques doivent convaincre les twittos de cliquer sur leur lien en 140 caractères, certains n’hésitent plus à bombarder leur TL de titres provocateurs.

Dans cette ruée vers l’or, on observe même (avec l’arrivée des outils de curation par exemple) une augmentation des passerelles pour pouvoir accéder à la source d’un contenu. (La curation marque-t-elle la fin de l’esprit critique ?). Bien entendu ces affiliations permanentes tendent à démultiplier le nombre de partage sur les sites supports.

Il faut l’accepter, le web d’aujourd’hui est un outil démocratisé qui cherche le plus souvent à convenir au plus grand nombre. C’est pour cela que la quantité est souvent privilégiée à la qualité. Dans ce vacarme permanant, il est donc devenu courant de partager de l’information sans même l’avoir lue préalable. Dans tous les cas, votre article ou news devra être un minimum tape-à-l’œil pour espèrer créer des réactions. Ce sont les règles du jeu…

==> Le titre est donc une première arme redoutable pour attraper l’attention de l’internaute.

 

Les mécanismes d’attention

D’après Condillac, il existe 2 types d’attention chez l’homme :

  • L’attention par le sens
  • L’attention par la mémoire

L’attention intervient donc par l’affectif via les sens et par la conservation via la mémoire. S’il peut paraître évident que des propos ouverts et sympathiques auront plus de chance d’être enregistrés par les consonautes, qu’en est-il de la mémoire ?

Lors de discours, de lectures ou d’écoutes, notre esprit analyse toujours les dires en désignant des repères dans leurs structures. Chacun de nous dispose ainsi d’un phare interne qui aide notre esprit à filtrer les éléments d’un discours pour gérer son attention, c’est universel. En ce sens la rédaction web se doit d’être claire et accessible pour tous, les titres et sous-titres doivent être clairement exposés pour faciliter l’analyse du lecteur.

Dans cet ordre d’idée, rappelez-vous de vos cours scolaires ou vos réunions interminables. N’avez-vous jamais baillé ou perdu le fil de la discussion après 20 min d’un monologue complexe ? Pour maintenir l’attention de vos interlocuteurs, il faut leur donner des signaux d’alerte, des repères inconscients pour mettre en lumière l’architecture de votre discours.

Des formules existent ainsi pour relancer l’attention en perdition d’un tiers. Les phrases type « Vous ne vous souviendrez probablement pas de ce que je vais vous dire», « Surtout ne prêtez pas attention à ce qui va suivre… », » ou encore « Cela va sûrement vous étonner mais… » démontrent un pic de vigilance impressionnant chez presque chaque personne (d’où le titre de l’article). Ces formulations agissent comme des relais pour égayer la curiosité des spectateurs et ainsi maintenir une concentration continue. Veillez donc à utiliser régulièrement des structures de phrases qui tranchent avec le reste de vos propos pour éviter les bâillements. Mieux vaut privilégier la technique de la montagne russe que de la chute libre ;)

Autre astuce ; les apartés et les anecdotes qui constituent également une source d’attractivité non négligeable car ils représentent une coupure avec l’axe de votre discours. Ces moments annexes sont souvent considérés comme un moment de pause et de repos par votre auditoire. Ce relâchement perçu induira inconsciemment une attention accrue, qui elle-même générera par la suite une rétention  démultipliée.

Retenons également que le temps maximum d’attention (TMA) est d’une durée limitée. L’écoute ou la lecture demande une concentration qui réclame de l’énergie et notre esprit a une capacité de ressources limitée comme tout système de traitement. C’est pourquoi au bout de 10 minutes, la vigilance baisse et des informations peuvent nous échapper (Posner). Nous avons besoin de faire des pauses pour rester alerte. À noter que la variation des interlocuteurs relance grandement l’attention. Si par contre la prise de parole s’éternise sur un monologue, on note une baisse plus rapide (au bout de 4 min).

==> Varier votre discours, utiliser des formules qui interpellent et générer des coupures dans votre prise de parole sont des techniques qui constituent une deuxième corde à votre arc pour avoir une attention optimale de la part de vos spectateurs.

 

Les dispositifs de rétention

On le sait, avoir été exposé à une information ne signifie pas qu’elle sera bien mémorisée. La mémoire de l’être humain est une machine complexe et sélective (Racontez-leur des histoires pour mieux les séduire). Mais quelques aspects étudiés en psychologie peuvent aiguiller votre angle d’attaque pour laisser une marque indélébile dans les mémoires de vos clients et prospects.

Connaissez-vous les effets sériels ? La psychologie cognitive, très portée sur l’étude de la mémoire a très rapidement mit en lumière une chronologie dans l’attention d’une personne envers un discours. Cette notion désigne les taux de rappel des éléments en fonction de leur position dans une liste d’informations dictée, mémorisée, puis retranscrite librement immédiatement après l’exposition.

Les expériences de psychologie classique de Postman & Phillips ont ainsi exposé deux normes universelles : les effets de primauté et de récence.

Pour constater ces mécanismes inconscients, on observe la corrélation entre le pourcentage de rappel des mots avec leur position dans la liste, ce qui donne une courbe en U indiquant que les premiers éléments sont bien rappelés (effet de primauté) ainsi que les derniers (effet de récence).D’après Glanzer & Cunitz, l’effet de primauté est interprété comme le résultat du passage des éléments dans la mémoire à long terme, alors que l’effet de récence correspond aux éléments encore activés dans la mémoire à court terme.

Les effets sériels sont donc des mécanismes à prendre en compte lors de vos interventions. Privilégiez les informations capitales en début et fin de discours. Et quand vous êtes en plein milieu de votre récit, tentez d’utiliser des formules générant un pic d’attention pour relancer l’intérêt envers vos dires.

Autre point important concernant la rétention : les indices de récupération des informations. Pour remonter à la source et faire ressurgir une information spécifique, il faut que vous aidiez au préalable vos interlocuteurs à les ranger correctement dans leur tête. Lors de l’encodage des informations, il faut ainsi tenter un maximum d’associer un point spécifique que vous leur énoncez à une illustration, un exemple ou une métaphore (Anderson). Cette corrélation entre ces deux infos créera une trace mnésique dotée d’un plus grand nombre de points d’accès pour retrouver plus facilement les informations recherchées.

Selon Tulving, il existe deux types d’associations mnésiques :

  • Association générale (sémantique)
  • Association à l’encodage (épisodique)

Autre type d’indice, l’encodage implicite qui relève d’une association entre votre terme et celui d’un mot encodé en mémoire à long terme chez la personne qu reçoit le message. Ainsi, si une phrase précise de l’orateur résonne comme un écho à un mot ou un souvenir précis au récepteur, on note une rétention très conséquente. D’où l’importance d’illustrer vos propos par des exemples et des clins d’oeils. Plus vos dires renvoient à une association (forte) et plus la rétention vous sera favorable.


==> Connaître les méthodes de rétention de votre auditoire ainsi que les moments où ils sont le plus susceptibles de se rappeler de vos dires constituent une troisième arme efficace pour que vos informations soient pérennes.

 

Un thème approprié ?

Autre élément, la nature de votre article ou intervention. Selon des études de Tajfel (qui a beaucoup étudié la catégorisation), il existe des thèmes de prédilection pour obtenir un maximum de réactions. Vous être-vous déjà demandé si la trajectoire que prend votre production est suffisamment fédératrice ?

Voici une liste de sujets qui ont un pouvoir d’attraction supérieur à la moyenne et qui sont le plus souvent mémorisés. Ces éléments provoquent à coup sûr des réactions et donc des partages :

Attention cependant, même si ces thèmes vous rapportent des RT, commentaires ou toute autre forme de visibilité, il ne faut surtout pas oublier qu’ils ne sont seulement qu’un tremplin dans l’attention et la rétention des lecteurs. Sans contenu de qualité et articles de fond annexes, votre audimat peut très vite retomber. Le meilleur moyen d’utiliser cette rampe de lancement et de sauter au plus haut est de s’entraîner à toujours appréhender la trajectoire de ses actes.

==> Utiliser des thèmes séduisants et facilement mémorisables est un quatrième as dans votre main.

 

Avez-vous été attentif ?

Vous l’aurez compris, pour ne pas laisser son flotteur inerte pendant des heures sur l’eau, il faut « appâter »  les internautes pour qu’ils mordent à votre hameçon.  Mais pour se faire, il vous faut vous armer des bonnes techniques.

On pense souvent qu’avec de la bonne volonté et de l’abnégation, le succès nous attendra forcément au tournant. Pourtant certains n’attendent pas qu’il leur tombe au creux de la main et donnent un coup de volant pour le provoquer en jouant sur les mots. Ne vous gênez donc pas pour faire de même et coupez l’herbe sous le pied aux préjugés.

« Nous voyons plus de choses que nous n’en regardons ; on ne peut le nier : nous voyons tous les objets qui font impressions sur la rétine, et nous ne regardons que ceux sur lesquels nous dirigeons nos yeux. Il y a donc en nous plus de sensations qu’il n’y a d’actes d’attention » Laromiguière

Cette citation ancienne est plus que jamais d’actualité. Dans une société d’hyper-information, l’attention est un luxe qui se mérite. Connaître des astuces qui vous la prodigue et les moments où votre auditoire est le plus réceptif (ou non), sont donc de belles cartes dans votre jeu.

 

Si vous avez apprécié cet article, partagez-le pour informer vos contacts de ce que vous avez appris ;) !!

 

Et vous, avez-vous déjà pensé à ces problématiques ???

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9 Responses to “Comment attirer et conserver l’attention des internautes sur le web social ?”

  1. BAVENHUR says:

    Très bon article, mais attention aux fautes qui elles aussi découragent et ne donnent pas envie de retenir ou carrément lire l’article… :)

  2. Bon article effectivement. J’ai eu un peu peur au début, les 5 premiers paragraphes énonçant les banalités d’usage sur le pourquoi du comment faire remarquer ses articles sur le web ! La suite fut bien meilleure merci !
    Je reste quand même circonspect sur le temps d’attention et les pauses. A mon avis, multiplier les digressions dans un article peut vite s’avérer énervant pour le lecteur et entraîner un décrochage complet. Mais ce n’est que mon humble avis ;)

  3. @Centelm Oui l’arroche peu ne pas plaire, surtout que cette technique a déjà due être utilisée. Effectivement les virages sont à prendre avec parcimonie car il ne faut pas perdre la route des yeux. Il faut trouver un juste équilibre pour accrocher son auditoire. Merci de ton « humble avis » qui reste un avis avant tout et qui est donc pertinent ;) !!

    @Benvenhur Effectivement bonne remarque, je vais tenter de corriger le tir ;)

  4. Tssss says:

    plutôt débile le titre de l’article, sachant que celui-ci sera forcément lu par une foule de curieux….mais c’était l’effet recherché, n’est-ce pas?

  5. @Tssss Oui effectivement le titre était volontairement provocateur, il illustre les formules attentionnelles que j’évoque dans l’article ;)

  6. « Quoi qu’il arrive lisez cet article! » Très bon article qui sort un peu du cadre de la rédaction web pure pour s’attarder sur la diffusion de l’information. Plein de bonnes idées à retenir et surtout plein de trucs à prendre en compte pour les articles de qualité !

    • Elise says:

      Excellent article avec de bons conseils sur les méthodes et astuces à employer pour booster son audimat !

  7. Vous nous avez eu sur ce coup! très bon article en tout cas

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