Stimuler l’estime de soi des internautes pour les faire participer

 

Face à la multitude de profils sur la toile, il peut paraitre légitime de se poser la question : Qui-suis-je sur internet ? Il est vrai que le fourmillement inhérent aux médias sociaux et aux success stories virtuelles rendent les mécanismes identitaires prédominants dans l’esprit des internautes.

Intéressons nous donc à l’estime de soi. Vase précieux qui regorge des composants de notre personnalité, il influe directement sur la vision que nous avons  de nous même et induit au final nos actes et nos choix.

Ceci étant dit, peut-on penser que le web 2.0 est objectivement une source fiable pour définir les limites de nos capacités ? Les réseaux sociaux représentent-ils des miroirs déformés de notre identité ? Pourquoi le bien-être peut-il générer plus d’intégrations avec des entités virtuelles ?

Une chose est certaine aux yeux des internautes : ce qui importe n’est pas ce que l’autre pense de nous mais ce que nous pensons qu’il pense de nous. Une réalité biaisée s’il en est…mais essentielle dans notre construction sociale.

 

Le concept de soi et l’estime de soi

Le « soi » est un objet de connaissance étudié en psychologie. Il peut se définir très simplement par « l’ensemble des croyances que les individus possèdent d’eux-mêmes ». On différencie grossièrement le soi-objet (le « moi ») qui est passif et le soi-agent (le « je ») qui est actif. Le concept de soi résulte d’une composante cognitive alors que l’estime de soi dépend d’une composante affective.

Selon Markus, le concept de soi s’organise en un système de schémas constitués de nos propres caractéristiques. Ces schémas sont des constructions cognitives issues de nos expériences contenant des unités d’informations qui nous sont propres. Des résumés identitaires en somme qui facilitent et guident le traitement de notre perception sur un thème précis.  On comprend ainsi que notre personnalité s’articule autour d’une architecture d’alvéoles ramifiées, où chacune d’entre elles comporte notre analyse sur un trait précis de notre ADN identitaire. Par exemple, je sais que je suis très mauvais en mathématique mais qu’en contre partie je suis excellent en basket-ball.

L’estime de soi correspond à l’évaluation ou l’estimation globale qu’un individu fait de lui-même. La considération et le respect qu’il se porte constitue une valeur qui aiguille son appréciation. Une bonne estime de soi (ES) est souvent présentée comme un besoin fondamental chez l’individu, et le fait de se considérer comme quelqu’un de bien favorise le succès personnel, la santé, la réussite professionnelle et surtout l’accès au sentiment de bonheur. Au-delà de la simple mesure intrinsèque, cela révèle le besoin d’un équilibre psychique qui régule nos décisions et nos comportements. Une faible estime de soi comporte des risques car elle peut enfermer l’individu dans un cercle pervers qui altère ses performance et peut l’amener à l’exclusion sociale ; cet état ne maximisera donc pas la participation de l’internaute.

D’après les questionnaires pour mesurer l’ES d’une personne, il y a 4 dimensions prédominantes chez chaque individu :

  • La considération de soi
  • La confiance en son soi social
  • Les aptitudes professionnelles
  • L’apparence physique

Si cela vous intéresse, vous pouvez vous-même mesurer votre propre ES. Sachez que le score moyen théorique est de 32.

Précisons qu’il ne faut pas confondre l’estime de soi avec la confiance en soi. Je vous invite chaudement à lire ce petit billet très pédagogique qui résume parfaitement cette différence.

 

Connais-toi toi-même

Notre environnement est complexe et diffus. En ce sens, il existe différentes sources pour apprendre à se connaitre :

  • Nos réactions internesCertes les indices externes sont indispensables pour se construire une identité. Cependant il faut bien saisir que nous considérons nos réactions internes comme ayant été moins influencées. On s’approprie donc plus facilement ce qui résonne intérieurement. Nous les prenons plus en compte car nous ne percevons pas de pressions extérieures. Mais est-ce vrai ?
  • La comparaison socialeLa théorie de la comparaison sociale de Festinger stipule que les individus ont besoin de s’évaluer continuellement en se comparant à autrui. En fonction de nos caractéristiques personnelles connues et reconnues, on cherche tous à se comparer à des personnes susceptibles de nous ressembler pour que cette comparaison soit pertinente.

  • Les réactions d’autruiDans la vie comme sur le web, on se sert d’autrui comme un miroir qui réfléchit notre propre image. Un mécanisme d’intériorisation des jugements sociaux va donc devenir primordial pour intégrer nos traits de personnalité. On peut même observer un effet d’approbation (visible dans cette expérience) qui nous permet d’intégrer directement des caractéristiques énoncés pas des tiers. Cependant nous n’accordons pas le même crédit aux différentes sources présentes autour de nous. L’avis de personnes considérées comme étant significatives  aura plus d’importance à nos yeux. L’impact de ces sources varie également selon l’âge des individus. Si par exemple un enfant attachera plus d’importance à l’avis de ses professeurs, un adulte accordera plus d’importance à l’avis de ses collègues pour évaluer ses compétences.
  • Nos expériences passéesOn infère ce que l’on est. Selon la théorie de l’auto-perception de BEM, un individu qui pense agir librement apprend à se connaitre en fonction de ses actes et son vécu. La valorisation d’éléments satisfaisants induit une motivation intrinsèque qui stimule notre estime de soi.

Comme on peut l’observer, toute notre perception découle en réalité de notre vie sociale. L’homme est un animal qui dépend de sa sociabilisation et en ce sens son identité est majoritairement le reflet qu’il perçoit dans le regard d’autrui.

 

Le web : cet outil identitaire

Si on parle toujours d’identité web, ce n’est pas pour rien. Car même si la plupart des échanges sont virtuels, tous les mécanismes précédemment cités s’opèrent parfaitement sur ce support. Internet est ainsi le seul média à canaliser par sa nature l’essence de chaque mécanisme d’identification pour se forger une opinion sur soi-même. Il parait être en ce sens un parfait terrain de jeu pour notre quête identitaire.

Pour débuter, chaque individu va donc instinctivement se rapprocher d’outils et/ou de personnes qui tendent à répondre aux questions qu’il se pose sur lui-même. Sur le postulat de caractéristiques connues et de nos affinités de base, nous allons tout naturellement nous rallier à des groupes sociaux qui semblent nous correspondre. Si certains osent prendre la parole, d’autres resteront simple spectateurs, cependant cela ne change rien au fait qu’ils appartiennent à une entité sociale.

On s’amuse souvent à dire que pour nos amours, nous recherchons à travers notre partenaire des ressemblances mais également une certaine complémentarité. Ce phénomène est bien réel sur la toile et il désigne une volonté d’affirmer sa singularité tout en imposant une appartenance sociale. Mais pour pouvoir se différencier, il faut bien connaitre ses points forts. Pour ce faire nous prospectons tous des situations qui vont dans notre sens. D’après la théorie de la confirmation de soi, ceci est du à une volonté de disposer d’une certaine exactitude dans l’image que l’on renvoi. Si on pense être doué dans un domaine, on va inconsciemment chercher à réaliser des productions pour bénéficier de feedbacks qui confirmeront cette idée.

Au-delà de cette volonté de maintien d’une certaine cohérence de notre ES numérique, nous cherchons également une valorisation de soi. Dans ce cadre les médias sociaux sont des outils qui remplissent parfaitement cette tâche. Véritables baromètres d’auto-congratulation, ils permettent aux internautes de se sentir forts, écoutés.

Les cybernautes vont par conséquent tenter de se construire un réseau et une audience qui servira de caisse de résonance à ses propres actes. Un cercle vertueux peut de cette manière se mettre en marche et une personne timide et timorée dans la vraie vie peut se transformer en un ténor jovial et confiant devant son écran. C’est ça aussi la magie du net, il peut aisément pallier à une carence dans l’estime de soi d’un individu pour se concentrer sur un aspect honorant de sa personnalité et ainsi revenir à une vision plus satisfaisante de sa personne.

Évidemment, on peut légitimement se poser la question de l’objectivité de l’estime de soi sur Internet. Il est vrai que les relations virtuelles biaisent l’exactitude des retours perçus, mais il faut se résigner au fait que l’objectivité est une douce utopie. Véridique ou pas, ces feedbacks du web font partie intégrantes de l’image que nous avons de nous-mêmes.

 

L’estime de soi spécifique dans les communautés

On l’entend très souvent, chaque entité sociale est différente d’une autre. En effet dès lors que deux individus se rapprochent par un centre d’intérêt commun ou une caractéristique similaire on observe des différences notables dans l’orientation de leur discours. Bien évidemment cette variété est nettement plus identifiable avec un groupe social plus conséquent.

Chaque communauté, qu’elle soit réelle ou virtuelle est singulière. Les personnalités qui structurent son fonctionnement sont toujours différentes et leurs rôles diffèrent en fonction des objectifs visés. Non seulement les normes et règles varient d’une communauté à une autre, mais les codes de valorisation le sont tout autant.

Dans ce cadre il faut dissocier l’estime de soi globale de l’estime de soi spécifique. Car même si un internaute a une bonne vision de lui-même, cela ne change pas le fait qu’il puisse se trouver très mauvais dans un domaine précis. Ainsi chaque entité sociale aura ses propres éléments gratifiants qu’il faudra mettre en valeur pour se sentir estimé et/ou admiré. Dans cet ordre d’idée, une notion pouvant paraître anodine dans un groupe social pourra être fondamentale dans un autre. Il ne faut donc pas perdre de vue qu’il faut analyser la nature et l’orientation de la communauté pour définir les traits qui boostent une partie spécifique de leur estime de soi.

C’est en appuyant sur ces points « érogènes » que les internautes sont le plus susceptibles de rendre la monnaie de leur pièce. Mais comment cela se traduit-il pour une marque sur le web par exemple ?

 

L’importance pour les marques de flatter notre égo

Si l’estime de soi est si importance, c’est qu’elle influe directement sur notre participation et notre engagement dans nos projets. Une personne qui se sent compétente et appréciée aura beaucoup plus de facilité à prendre la parole que son binôme dédaigné ou juste inconnu au bataillon.

Tout l’enjeu pour les marques réside donc dans la valorisation de leurs clients pour les faire réagir. Au-delà de son simple domaine d’activité, il faut vouloir mettre en valeur l’individu pour l’aider à situer son rôle dans la toile. Savoir insister là où ils pensent être bons pour stimuler leur participation peut s’avérer être une stratégie payante. Monter à un client que vous savez qu’il existe, que vous avez apprécié sa dernière participation gonflera son égo et le poussera à réitérer.

On parle toujours de la séduction pour apporter du trafic, mais comme tous les coups de cœurs, la lassitude peut guetter au coin de la rue. La confiance elle se gagne, et même si les trahisons sont à proscrire, c’est bien le sentiment de sentir à sa place qui inscrit durablement l’internaute dans un rôle de client « bankable ».

On le sait, certains aspects de la personnalité sont plus gratifiants aux yeux d’autrui. Parallèlement à cela, une caractéristique ou une compétence précise générera une plus grande crédibilité selon les secteurs d’activité. D’où l’importance de réaliser des campagnes digitales liées au produit (jeux concours par exemple) qui font écho à des traits valorisants de notre personnalité.

De plus, nous n’accordons pas la même importance à notre participation si elle fait appel à un secteur où nous nous pensons qualifiés. Ainsi si une marque liée au domaine alimentaire sait que sa communauté est très sensible et stimulée par les petits plats, elle peut créer une dynamique d’échanges et de compétition autour de ce thème. Étant donné que ce sujet précis les poussent à démontrer leurs talents, ils auront à cœur de bien faire et donc de participer activement.

Plusieurs méthodes sont donc utiles pour mêler l’utile à l’agréable et ainsi espérer déchainer la contribution de vos clients. Des astuces toutes simples comme les outils Graph-o-meter et Fangager vous permettront de connaitre vos fans les plus actifs sur votre fan page (et de les mettre directement en avant chaque mois si vous le désirez) tout en affichant leurs envies et leurs besoins via des thématiques récurrentes. Un moyen idéal d’optimiser la participation tout en prenant le client au centre de la dynamique.

 

Estimez-vous heureux, c’est la conclusion ;)

Sans parler de la satisfaction client pure, l’estime de soi est d’abord un régulateur très puissant de la motivation et la confiance dans un environnement social précis. Si l’internaute se sent légitime dans un domaine, il prendra beaucoup plus facilement la parole. On le sait, la loi des 1-10-90 montre très clairement que la grande majorité des internautes se contentent d’être passifs. Mais pensez-vous que 90% de vos clients sont des timides maladifs ou des individus aux emplois du temps de ministres ? Avez-vous déjà pensé que les valoriser aux yeux de votre communauté leur donneront envie de participer ?

Il faut bien comprendre que je ne parle pas de passer de la pommade ou de devenir un vrai bisounours hypocrite. Je parle de s’attarder sur le besoin de gratitude et de valorisation de l’estime de soi des membres de votre communauté pour leur proposer des jeux ou supports qui répondent directement à leur désir inconscient de se doter d’une place sociale au sein du groupe que vous dirigé. Comme chaque place visible demande un minimum de responsabilité, ils auront à cœur de persévérer dans cette voie pour conserver leur statut de client reconnu.

Il faut se rendre à l’évidence, les internautes sont parfois plus intéressés par la reconnaissance sociale que votre marque peut leur prodiguer envers votre communauté que par vos produits. Leur régulation identitaire prédomine sur tous vos discours corporate ! Ce n’est pas pour rien que 37% des internautes likent une page uniquement pour le montrer à leurs contacts. À vous de jouer le jeu en utilisant des méthodes alliant vos besoins et les leurs.

(Il y aurai des pages à rédiger sur l’estime de soi. Ainsi plusieurs aspects de ce concept n’ont pas été traités ici (comme l’auto-régulation de l’ES) pour me concentrer sur son lien avec le web 2.0.)

Et vous, avez-vous déjà pensé à cette thématique ?

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9 Responses to “Stimuler l’estime de soi des internautes pour les faire participer”

  1. Hmmm… Concernant le schéma du concept de soi, tu emploi quand même de bon raccourci. Un exemple : Je ne peux pas dire avoir de grande compétence académique, cela ne fait pourtant pas de moi un abruti ni ne me donne une mauvaise vision de moi à ce sujet ;) Tout comme sans être un athlète je ne suis pas obèse pour autant. Le concept de soi, pour moi, repose aussi sur des critères en liens avec les priorités que nous nous fixons.

    J’ai tout de même calculé mon ES… 39. Est-ce que je le bave partout sur les toits ? Non. Je pense avoir une vision juste de ce que je vaut, de mes points forts et faibles, sans avoir besoin de l’étaler. C’est pourtant de l’étaler qui attirent souvent l’estime des gens qui n’en n’ont que peu pour eux-même. D’ailleurs, l’estime de soi c’est un peu comme la confiture et l’intelligence, moins on en a, plus on l’étale… Ce qui a réellement de l’impact n’est ni notre estime ou notre confiance, mais le juste équilibre qu’on leur donne en l’accompagnant de notre orgueil.

    Quand au léchage de cul à la valorisation des membres de la communauté, je pense pas qu’il faille prendre les glandus. Car malgré tout, les valoriser c’est justement ça. Je pense plutôt qu’il faut employé une approche humaine et sincère, qui suffira largement à les faire se sentir proche de la marque. les gens commence à mûrir en terme d’approche des marques sur le web social. Je t’enjoins à regarder comment les profils sociaux d’Orangina s’en sortent, ils font ça très bien je trouve !

    Ton article reste toutefois très intéressant. Mais certaines parties mériteraient qu’une étude soit développée autour ou que tu cite tes sources si études il y a déjà eu.

    • Salut « kaes ». Je vais revenir sur ton commentaire car je crois que tu a mal saisi certains de mes propos relatifs à cet article.

      Tout d’abord concernant le schéma de soi, je n’ai pas dit que si tu n’avais pas Bac +8 tu te catégoriserai comme un abruti, j’ai exposé le fait que nous assimilons nos compétences dans un domaine précis pour appréhender nos actes envers une futur situation similaire. Pour les priorités je suis d’accord pour un moment identifié, mais cela n’empêche d’assimiler une activité à notre performance à son sujet à tout moment.

      Pour l’estime de soi, sa mesure reste approximative malgré la popularité de ce test. Il en est de même pour le QI ou l’influence web, un chiffre ne résumera jamais un concept aux facteurs multiples. Il s’agit là de simples repères pour se situer face aux autres. Mon billet ne visait pas à savoir si les gens qui ont une bonne estime d’eux-mêmes le crient sous les toits mais de faire le lien avec la volonté de s’engager et de prendre la parole sur le net. L’orgueil est effectivement à prendre en compte, mais il dépend quand même beaucoup de l’estime de soi à mon humble avis.

      Oui certains pourront voir dans cet article un hymne au léchage de cul, mais ce n’est pas du tout l’idée que veut mettre en lumière mes propos. Un communication humaine et sérieuse est bien entendu la priorité et il ne faut pas faire son Winnie l’ourson pour ensevelir ses clients sous des phrases mielleuses. Il s’agit seulement de provoquer une réaction chez eux pour qu’ils puissent se sentir suffisamment en confiance pour se dire « Eh pourquoi je ne participerai pas au débat moi aussi ?! » Oui j’ai déjà pu observer les campagnes et le positionnement d’Orangina qui pose de très belle manière leurs clients sur un pied d’égalité.

      Pour terminer je préciserai juste que la plupart de mes propos ne sont pas lâchés aux hasard mais qu’ils s’agit pour la plupart de résultats observés suites à des experiences ou issues de l’étude de la psychologie sociale. Je mets régulièrement des noms de psychologues pour des experiences par exemples, mais je ne veux pas affoler le lecteur avec des noms d’illustres barbus qui peuvent effrayer.

      Comme je le stipule dans la rubrique « à propos » de mon blog, je ne me prétends pas psychologue, mais amateur des phénomènes sociaux. Mes articles sont parfois constitués d’avis personnels, ce qui les rend subjectifs. Je ne cherche aucunement à établir des vérités mais à creuser et analyser des phénomènes en fonction de mes recherches et de mes observations.

      Voilà en espérant avoir apporté des précisions à tes dires. Merci de ta participation en tout cas ;)

      • Merci de tes précisions, je pense qu’il était important que tu fasse ces précisions car je ne pense pas être le seul à avoir fait l’amalgame.

        Je comprends mieux où tu voulais en venir et suis entièrement d’accord avec les propos que tu tiens, à la lecture de ta réponse :)

  2. Encore un article bien complet Ronan !

    Pour compléter, si une mise en avant des individualités est importante pour créer de l’engagement, cela demande d’une part beaucoup de psychologie et des moyens conséquents d’autre part (en temps notamment), ce que peu d’entreprises peuvent finalement se permettre.

    La problématique est la même dans le management traditionnel. Le manager idéal saura évoluer en fonction des comportements des personnes qu’il manage. Etre positif avec ceux qui ont besoin qu’on leur redonne confiance, jouer sur l’objectif avec ceux qui sont motivés par les challenges. S’il fait tout l’un ou tout l’autre, il perd une partie de son « auditoire », et attise les convoitises, jalousies, critiques négatives et perd de l’efficacité individuelle et donc collective.

    Alors si j’aime moyennement le « manager » de « community manager », la problématique se présente également dans une communauté en ligne, publique. S’il sera possible de valoriser certaines personnes plus que d’autres (notamment les plus engagés), il ne faut pas perdre de vue que la cohésion collective demeure primordiale. Comme tu le dis, que chacun y trouve sa place en fonction de sa personnalité et de ses attentes. Ce qui peut impliquer de relayer du message personnalisé (cela demande du temps) en « segmentant » la communauté. Car les messages publics sur une FanPage par exemple devront rester « larges », et donc parfois moins engageants.

    Bref, je pense que le fond de ton article vise un idéal à atteindre (auquel j’adhère), la problématique étant de lier les aspirations individuelles des membres et la volonté communautaire de l’entreprise. Ce qui rebutera forcément grand nombre d’entre elles. Après il y a des exemples très intéressants au niveau comportemental, comme la page « Vies de chats » de Whiskas, qui fédère énormément. L’idée étant selon moi d’engager autour d’une estime de soi, symboliser par le chat en tant qu’animal de compagnie mais aussi en tant qu’idée de vie (solitaire et indépendant, affectueux, mystérieux). Ici la personne se met en avant par l’intermédiaire d’un « objet » (l’objet étant un animal).

  3. @jeanSeb Ton commentaire est tout à fait pertinent et il traduit clairement les limites de cette démarche par sa réalité économique et temporelle.

    Tu résumes parfaitement ma pensée en déclarant que mon article vise un idéal à atteindre.Je plussoie ta perception quand à l’aspect chronophage de cette valorisation et je concois également qu’une « assistance » unidirectionnelle puisse créer un clivage et attiser les convoitises.

    Ce billet avait surtout pour but de mettre en exergue que l’estime de soi est une composante affective qui à réellement un impact sur notre volonté d’échanger et de s’engager. L’objectif « idéalement » visé n’est pas de valoriser certaines personnes plus que d’autres mais de comprendre quels aspects de la personnalité de nos clients peuvent être boostés pour leur permettre de plus participer.

    Comme je le stipule, chaque communauté à son propre fonctionnement et ses propres codes valeurs gratifiantes au yeux du groupe social auquel on appartient. Étudier ces valeurs pour les mettre en pratique lors de campagnes digitales peut donc être un moyen de mettre en valeur le client tout en le faisant contribuer au succès de la stratégie mise en place.

    La cohésion collective est effectivement primordiale, n’empêche que sous cette normalisation latente, certaines individualités cherchent à se singulariser pour obtenir un rôle identifiés et identifiable au yeux des pairs auxquels nous accordons une importance.

    Quand je cite des outils comme Fangager, je ne cherche pas à dire que la mise en avant de fans précis soit une fin en soi mais que la stimulation d’aspects identitaires socialement valorisés peut être un levier qui donnent un coup de fouet à l’estime de soi et donc à la contribution. Avec une certaine visibilité au sein d’un corps social, je pense que les individus tentent de conserver leur crédibilité et ce en s’engageant dans la durée.

    Voilà en tout cas mes propos ne sont pas à prendre au pied de la lettre pour un entreprise. Mais considérer cette dimension de « self-esteem » peut dessiner un panorama de pistes à suivre pour développer des idées de campagnes digitales performantes et fidélisantes.

    • Merci pour ta réponse.

      Je crois que le Community Management est un métier qui fait ressortir une partie idéaliste de nous-même. Nous ne connaissons pas les limites d’Internet, et des possibilités d’interactions sociales offertes (même si cela implique parfois moins d’interactions IRL). Personne ne peut nier qu’Internet (et les télécommunications au sens large) a joué un rôle prépondérant dans les révolutions de ce début d’année. Devant la somme d’informations, le fameux consom’acteur en sait toujours plus (parfois mieux, parfois moins bien) ce qui implique de la part des marques beaucoup plus de transparence.

      Et avant d’être des professionnels dans nos domaines respectifs, nous sommes d’abord des consommateurs, clients de marques. J’espère que les marques (les gouvernements également dans une autre mesure) vont comprendre que des revirements stratégiques axés sur le 2.0 (et la compréhension et l’interaction avec les clients pour en revenir à ton article) vont devenir de plus en plus indispensables. On nous envoie des messages depuis toujours, provenant de marques se disant « focalisées sur leurs clients » mais au final combien le sont réellement ?

      Donc, j’espère davantage de relations clients « honnêtes » et moins de communication « orchestrée ». Je pense que lorsque des études mettront en relief l’impact d’un commentaire sur un réseau social ou Internet, et l’impact d’une campagne de com’ traditionnelle, en comparant le rapport impact/coût, des responsables d’entreprise prendront un peu plus au sérieux le Community Management dans son ensemble.

      ;)

      • Passionnant débat que celui que tu lances.

        Effectivement une communication honnête sera toujours à privilégier à une relation client totalement orchestrée. Après une entreprise choisira toujours au final celle qui lui paraitra la plus favorable à ses objectifs.

        Il est vrai que le Community management et le web2.0 dans son ensemble est actuellement embourbé dans un meting-pot de refrains pré-mâches. Il faut écouter ce que les clients ont à nous dire, être attractif, savoir les séduire. Mais au delà des mots, il y a très peu de contenu sur les mécanismes qui provoquent ces réactions.

        C’est justement là que j’ai voulu intervenir. Dans la forme comme sur le sujet choisi, mes articles n’ont pas tout pour plaire, et bien tant mieux ! Je ne prétends aucunement prêcher la bonne parole mais j’espère pouvoir donner de nouvelles perspectives et des angles de pensée différents de ce que les influenceurs à 400RT peuvent parfois donner.

        Je suis lassé des listes de conseils de deux lignes dotés d’une grande visibilité et que les entreprises peuvent prendre pour agent comptant.Je ne dénigre pas, je constate juste que le web d’aujourd’hui choisi le compris de la rapidité plus que de la valeur ajoutée. Et même si mes articles sont aux antipodes de ce modèle vertueux, je persiste à croire qu’ils peuvent apporter une dimension autre à un lectorat attentif.

        • En tous cas, l’instantané prôné aujourd’hui a ses avantages et ses inconvénients, ce qui est sûr c’est que nous ne pouvons pas y échapper aujourd’hui. Et nous parvenons à nous y adapter sur Twitter sans trop de problèmes. Mais beaucoup de monde aimerait avoir moins d’informations, et une information plus ciblée, avec un contenu de meilleure qualité. Ce n’est pas pour rien que la curation, et autres RSS Reader ont le vent en poupe.

          Concernant les refrains pré-mâchés, je pense que cela est logique pour trois raisons :

          1. La récence du métier qui fait qu’on a peu d’exemples concrets sur lesquels s’appuyer pour convaincre des marques de s’y investir.

          2. Qui découle de cette récence, le fait que le CM implique du long-terme, et de nombreux facteurs plus difficiles à interpréter d’un point de vue factuel qu’une campagne de communication classique. A savoir impossible de calculer de l’engagement, de l’influence (cf Klout), de le traduire en chiffres.

          3. Un investissement « personnel d’entreprise » plus important et plus impliquant. Qui privilégie la qualité de la relation à la quantité des contacts.

          Du coup, des généralités sont proposées sur les sites qui traitent de Community Management qui pourront s’appliquer sur un ensemble relativement large d’entreprises. En rentrant plus en détails, en fonction du domaine d’activité de l’entreprise et des spécificités de ses clients, et encore plus de sa communauté (qui n’est qu’un faible pourcentage de ses clients plus ou moins représentatifs), les conseils à prodiguer seront forcément différents… Impossible donc de préconiser un type de stratégie pour une enseigne mondiale comme Coca-Cola et une PME qui travaille en BtoB.

          C’est à force d’analyser des campagnes 2.0 que des tendances pourront être définies, et ce en fonction de domaines précis. Un CM, lorsqu’il est devant une mission doit prendre certains risques, dans la mesure où il pourra difficilement s’appuyer sur des exemples de concurrents ou d’entreprises dans une situation équivalente.

          Bref le CM, un métier passionnant, à la dimension stratégique évidente, mais qui tâtonne encore.

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