[#TellMarcel] Faut-il vendre son âme sur les médias sociaux pour décrocher un job 2.0 ?

 

Audacieux, indigne, culotté, pathétique, taré, ingénieux, troll… le moins que je puisse dire c’est que je n’en espérais pas tant pour ma petite opération #TellMarcel. Bien entendu ce serait mentir de dire que je n’attendais pas quelques soutiens, mais j’avoue avoir eu surtout peur que personne ne s’y intéresse. Ouf, ici il y a eu des échanges, et qu’il s’agisse de félicitations ou de critiques, cela aura au moins eu le mérite de faire réagir, sachant que tout est d’une manière ou d’une autre constructif.

Devant la visibilité de cette « campagne » et face aux propos révélateurs de certaines personnes sur Twitter, je décide de faire un petit focus sur mes motivations intrinsèques afin que chacun se forge sa propre opinion de manière plus objective sur l’opération. Pour ceux qui sont au fond de la salle avec un regard hagard et qui ne savent absolument pas de quoi je suis en train de parler, cet article s’appuie sur une candidature que j’ai réalisé afin de rejoindre comme Social Media Manager l’agence Marcel ;) !

Pourquoi ais-je ressenti ce besoin de m’exhiber de la sorte sur le web ? Suis-je un adepte du personal branling du à une carence infantile refoulée durant mon enfance ? La pression de l’e-reputation nous pousse t-elle à aller trop loin ? Payer pour se faire remarquer, est-ce soudoyer ?

Le but de cet article n’est pas de faire un coup de projecteur sur ma personne mais bien d’aller au-delà pour échanger autour des questions que ma démarche a soulevé.

 

Une envie pressante ou une pression de l’envie ?

À première vue, faire un brouhaha pour faire parler de soi, ça parait nombriliste. Sauf qu’en y réfléchissant c’est un peu le leitmotiv visé par les marques depuis que les médias sociaux se sont imposés comme les plateformes de dialogues et d’engagement à la mode. Pourtant, quand il s’agit d’une personne et non d’une entité impersonnelle, on ne voit pas nécessairement cette initiative d’un bon œil car on associe l’individu à un besoin exprimé. C’est pourquoi je comprends parfaitement que certains trouvent ces actions exagérées, voire manipulatrices. Je souhaite simplement que toi lecteur (oula je me mets à faire du Dubosc maintenant..), tu penses sincèrement en ton for intérieur ce que tu serais capable de faire pour une chose dont tu as vraiment envie ? On a tous l'envie d'avoir envie

L’envie est un cercle vicieux, car comme dirait notre Johnny national, le propre de l’envie, c’est d’en avoir envie. Une soif insatiable d’obtenir ce que l’on souhaite, boostée par la puissance des médias sociaux. Étonnés de voir des millions d’internautes s’intéresser à un bébé qui mort le doigt de son petit frère, on se prend à rêver de son quart d’heure de gloire.

L’estime de soi et l’égo sont des facteurs qui rentrent en jeu dès que l’on évoque sa réputation, alors quand il s’agit de sa e-reputation, certains internautes et notamment les individus exerçant dans le web peuvent soigner leur image, quitte à en faire des tonnes ! — Pour info, je tiens juste à préciser que j’ai envoyé une candidature traditionnelle à un contact de l’agence Marcel avec une lettre de motivation et un CV très traditionnels. Comme quoi j’ai quand même un peu les pieds sur terre.. –

Car sur le web, on a beau avoir un savoir-faire, il faut surtout avoir un faire-savoir si l’on espère que ses propos puissent atteindre ses cibles. On en vient jusqu’à se protéger pour éviter des traces disgracieuses sur nos toges immaculées en contrôlant les résultats de la première page Google. Pour le recrutement notamment, on doit surveiller qui voit quoi, quel contenu est inapproprié sur quelle plateforme. Bref, on se prend la tête à articuler l’ensemble de nos identités sociales pour conjuguer nos vies réelles dans le virtuel. Suis-je un cas isolé :P ?

Le sujet central de ces divagations est réelle, il s’agit d’interpeler les internautes sur la question de notre identité sur la toile (qui a déjà été traitée moultes fois je vous l’accorde). J’exposais lors de mon dernier article que les médias sociaux s’apparentent à un jeu de rôle, un « second life » ou la slash génération et les jeunes webmarketeurs culottés pouvaient se sentir pousser des ailes. L'audace, du nez ou de l'arrogance ?En somme, nous en sommes arrivé à entretenir un patchwork de nos vies sociales (amis, famille, travail, sport) pour interpréter un tout homogène. Mais comme le dit si bien ce cher Cyrano de Bergerac, mon e-reputation est et aura été un reflet « qui fut tout et qui ne fut rien ». En d’autres termes, le concept même d’une identité sociale est extrêmement subjectif, ce qui compte c’est les aptitudes de l’individu sur le terrain et son habilité à réagir de manière adaptée à des situations précises. Ais-je eu pour autant du nez ou de l’arrogance, à vous de voir. En tout cas à la fin de l’envoi, je crois avoir touché ;)

Au final, doit-on se réjouir de voir des inconnus parvenir à interpeller des marques grâce à leur audace ou doit-on au contraire se résigner à penser que le recrutement 2.0 est une vraie blague ? Une affaire de perception à mon sens.. Cependant, est-il plus rentable de rester soi-même dans l’anonymat ou de se valoriser (à outrage ?) pour forcer le destin ? Il y a t-il un juste milieu ? Ou est-ce que je me prends simplement trop la tête pour rien :P ?

 

Doit-on aller jusqu’à payer pour se faire recruter ?

L’acte d’achat n’est pas anodin, car l’action de mettre la main au portefeuille (ou à la carte bleu on est moderne sur les internets :P ) stipule indirectement qu’il y a un engagement, un investissement. Ces mots sont-ils si éloignés des motivations nécessaires pour répondre à une offre d’emploi ? Alors pourquoi cela choque t-il autant quand on observe que certains sont prêt à utiliser Adwords pour faire passer un message ? Notre sensibilité psychologique semble donc être douillette.

Toutefois j’entends la stupéfaction de certains internautes qui pensent que   :

En réalité, payer pour une campagne Adwords coûte beaucoup moins chère que passez du temps à faire son CV, rédiger sa lettre de motivation ou pondre un mail détaillé et personnalité, surtout lorsque les campagnes SEA que l’on prévoyait étaient censées se positionner sur des termes très peu recherchés (ouf pour le CPC) et en adéquation avec les aspirations des cibles et recruteurs que l’on vise, comme des clins d’œil cordiaux. Je ne vous apprends rien en disant que notre temps est précieux, et d’une certaine manière, on paye toujours en postulant dans une entreprise car cela peut-être vite chronophage.

Oui, je dois confesser avoir envoyé des « dm » manuellement à plusieurs professionnels de mon réseau afin qu’ils prennent connaissance de ma démarche, et en espérant qu’ils partagent le lien « je soutiens @Rboussicaud ». Mais de la même manière que les internautes qui m’ont spontanément apportés leur soutien, tout c’est fait sur la base du volontariat, sans aucune contrainte, librement et de plein gré. Pas la moindre dotation, aucun billet sponsorisé ou une quelconque forme de rétribution, tout est fait en sachant que chacun parle en son nom (ces propos n’engagent que moi comme dirait Antoine Dupin). Le réseau et la recommandation sociales sont les plus grandes armes sur le webDerrière cet altruisme, je peux seulement remercier fortement chaque personne qui a appuyé ma candidature !!

Pour être franc, avec #TellMarcel, j’ai tout misé sur la cooptation et la recommandation sociale, Adwords est anecdotique. Le vrai investissement s’est opéré en sous-terrain, car depuis plusieurs années je me suis tissé un petit réseau depuis mes 8000 tweets et mon inscription sur Twitter en mai 2010. J’ai échangé avec des contacts pros entre deux hamburgers, lors de salons, sur des commentaires d’articles ou de slideshares, ce qui fait que j’ai passé beaucoup de temps à créer des liens, mêmes virtuels. Tous ces efforts (ça tombe bien j’aime ce que je fais), j’ai voulu les capitaliser pour pouvoir par la suite utiliser ce potentiel lors d’une opération « one shot ». Je mentirai en disant que cela était totalement prémédité, mais chaque capacité comporte son lot d’opportunités. Des opportunités qui se dessinent en fonction du contexte, et j’ai senti que c’était le moment adéquat ;) !

Sur le web comme ailleurs, rien n’est totalement gratuit. Et comme il n’y a pas de fumée sans feu, je pense sincèrement que je ne suis pas mégalo (ouff !!), mais bien hargneux et prêt à m’investir pour parvenir à mes fins. Cela ne signifie pas pour autant que je serai à coup sûr un bon éléments au sein de l’agence. D’ailleurs, le psychologue et prix Nobel Daniel Kahneman explique bien dans son ouvrage « Système 1, sysème 2 : les deux vitesses de la pensée » qu’il existe une illusion de talent. , c’est à dire que l’on peut plus facilement recruter quelqu’un qui nous a fait forte impression et qui n’a pas un pédigrée d’étalon contrairement à un surdoué bardé de diplômes mais qui ne nous a pas scotché. La première impression est-elle fiable ? On préfère se fier à notre instinct puisque sans le savoir, des stimuli imperceptibles issus de notre environnement ont un impact direct sur nos pensées et nos actes. L’auteur du livre conseille donc à tous les recruteurs d’utiliser la méthode de Meehl et de Dawes et de mettre en place 6 critères importants pour le travail exigé sur une échelle de 1 à 5 (de « très faible » à « très fort » par exemple) et de faire la moyenne entre ces 6 notes. On obtient ainsi une notation qui permet de comparer un candidat à l’autre de manière moins « affective ». Bref, je n’ai donc rien gagné pour le moment, tout reste à faire ;)

 

Des démarches qui nuisent à la crédibilité de la profession ?

La crédibilité des community managers est un terme récurrent qui colle à la peau de la profession. Sans cadre prédéterminé, nous autres modérateurs de l’ère moderne sommes des fameux moutons à 5 pattes qui fascinent et dérangent. On passe notre vie sur Facebook et on vie comme Nathan, le community manager aux 3000 amis. Des stéréotypes et railleries à la pelle qui dénotent une méconnaissance du métier et une incapacité de l’inconscient collectif à délimiter le périmètre d’intervention de ces acteurs digitaux. Une vérité qui nous renseigne sur un constat évident : il y a souvent autant de formes de community management que de community managers tant les missions changent selon les postes. Sans compter que parfois, les community managers peuvent vouloir la peau d’autres community managers en critiquant certaines pratiques, ce qui peut donner une image négative du milieu.

Ma petite contribution #TellMarcel a donc logiquement fait grincer des dents certains aficionados de la légitimité des community managers, dont je pense faire pourtant parti (le nom des personnes est affiché sur ces quelques exemples mais ce n’est en rien une forme de dénonciation, bien au contraire, leurs posts m’ont donné envie d’écrire cet article !) :

 

Afin d’éclaircir certaines choses sur mon « ambition gargantuesque »,  je préfère vous avertir que vous allez assister lors des prochaines lignes à une avalanche de « je » qui en ferai pâlir Alain Deloin (oui oui lui-même) et à faire passer le discours poignant de Hollande (« moi président ») pour du pipi de lolcat.

  • j’entends ceux qui disent qu’une telle démarche de recrutement nuit à la crédibilité des professionnels
  • je ne veux pas nuire à la profession, mais faire en sorte qu’elle pense aux interrogations induites par #TellMarcel (qui a dit utopie ?)
  • je ne suis clairement pas le meilleur webmarketeur dans la place, et je n’ai pas vocation à être le meilleur Community Manager du coin.
  • j’ai encore énormément de chose à apprendre à 25 ans et je pense avoir de longues années de labeur qui m’attendent.
  • même après ces années, je ne me considérerai jamais comme un expert ou gourou, juste un professionnel parmi tant d’autres qui cherche à bien faire son travail.

Ce qui à mon sens porte préjudice à cette fonction, c’est davantage l’ambiance de compétition et de classement qui virevolte au dessus de nos têtes. Les Klout et Cie nous caressent dans le sens du poil pour nous donner une vision archaïque de ce qui semblerait être l’influence digitale. Or ce concept est infiniment plus complexe que ce qui nous est proposé pour le moment (même si c’est déjà ça). Des indicateurs qui classent et attribuent une légitimité sur le seul postulat d’un chiffre. L'influence digitale est toute relativeDans les faits, cela ne signifie presque rien. Un tweetos actif et suivi par beaucoup de professionnels est souvent perçu comme plus influent qu’un autre qui ne tweet pas et qui n’est pas suivi par ses pairs. On peut pourtant penser que celui qui ne prend pas la parole sur les médias sociaux est plus occupé à travailler pour ses clients que le twettos fou nan ? Encore une fois il ne s’agit que de supputations et de préjugés qui nous donnent une version partielle de la réalité.

Il en est de même pour les buzz ou les bad buzz qui peuvent faciliter les critiques envers les webmarketers. Car ce sont principalement les community managers qui servent de tremplin aux maladresses des marques pour aiguiller les blogs, les sites médias et les internautes avides d’actus chaudes pour que l’on commence à parler de bad buzz. Les bad-buzz sont autant une production communautaire que la démarche #TellMarcel, une visibilité éphémère qui fait parler, interpelle et qui n’existerai pas sans le partage de chacun. Après, si la marque peut éviter les bourdes sur un site à 200 000 visiteurs uniques au jour, ça lui éviterai des ennuis ;) ! Les community managers restent donc des médiateurs avant tout.

En effet, je suis d’accord sur le fait que le community manager ne doit pas mettre sa personne trop en avant car il est avant tout un intermédiaire, un liant, un serviteur plus qu’un premier rôle sur le tout petit écran. Néanmoins, dès qu’il s’agit de maximiser ses opportunités business,  il faut parfois retrousser ses manches vous ne trouvez pas ?

 

Web agité = bilan mitigé ?

Suis-je allé trop loin ?
Peut-être.

Est-ce que je regrette.
Absolument pas.

Je suis donc navré d’avoir heurté le seuil de tolérance de plusieurs professionnels du domaine, néanmoins je reste persuadé qu’à travers ma sincère envie de travailler avec Marcel, cette expérience témoigne d’une question sociétale sous-jacente qui mérite d’être débattue. Sommes-nous aliénés à notre réputation pour se faire repérer dans les métiers du web ? L’agence Marcel m’aurait-elle posée le tapis rouge pour me recevoir si je m’étais contenté d’un CV et d’une lettre de motivation ?

Cette opération de petite frappe envergure est une formidable expérience à ciel ouvert sur l’état de la profession, ses stéréotypes, ses angoisses et ses aspirations. Je savais pertinemment que si la mayonnaise prenait un minimum, j’allais en prendre pour mon grade, mais que voulez-vous, c’est le je jeu ma pauvre Lucette. Un jeu de l’oie où l’égo est primordiale, primaire et étouffant. Ici, j’ai préféré le mettre de côté pour me concentrer sur les répercutions et les interrogations qui pouvaient émaner de ces échanges.

 

Vous l’aurez compris, je suis ravi que cette démarche ait pu déclencher des réactions qui amènent à une analyse plus profonde. À force de pester sur les articles type « 10 façons de faire une stratégie digitale », et de constater que peu de gens s’intéressent aux débats de fond, cette opération aura contribué à confronter un panel de professionnels du web face à une réalité croissante. Des éloges et des critiques qui au final ne concerne pas seulement ma petite personne, mais bien une partie de la profession. Dès lors, où se situe la limite entre le politiquement correct et le socialement dérangeant ? Dois-ton préparer une campagne à chaque candidature pour se faire remarquer ? Bien sur que non, mais à l’heure du buzz marketing, les relous opportunitstes sont parfois ceux qui remportent la palme car il ont levé la main avant qu’on le leur ai demandé. Est-ce triste ? Pas vraiment car cela a toujours été le cas, seul les outils ont évolué. Personnellement, je ne pense pas que cela nuise à l’aura du métier. Et honnêtement, je n’aurai pas le regret de ne pas avoir essayé.

Une conclusion qui peut vous paraître consensuelle, mais qui à la mérite d’être animée par une intention sincère.

Voilà j’espère que vous ne verrez pas en cet article une tentative de victimisation ou un focus trop égocentrique. J’ai volontairement insisté sur les commentaires les plus critiques car ils sont souvent les plus enrichissants  (pouce en l’air pour le « #TROLLmarcel » qui m’a bien fait rire, bien vu) !

Allez sans rancune et encore merci à tous ceux qui ont et qui vont m’aider dans ma quête ;)

 

Et vous que pensez-vous de cette démarche et des questions qu’elle soulève sur le recrutement dans le microcosme numérique ?

 

[Sources images : 1, 2, 3, 4, 5, 6]

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10 comments
Amoraitis
Amoraitis

Tout d'abord, je tiens à te féliciter Ronan pour ton article, qui ouvre une très belle porte, sur l'ère du recrutement sur le marché du digital. Tu as bien fait de dire ce que tu pensais, je pense que beaucoup de personnes se sont reconnues dans les différents points de vue et exemples abordés.

Personnellement, je suis contre ces méthodes, car elles sont rarement à l’origine d’une et même personne. Certes cela permet de monter des projets collaboratifs entre plusieurs personnes (du web ou pas), mais alors cela change la donne et ça devient un recrutement discriminatoire où la quantité l’emporte. Est-ce que moi j'ai besoin d'aide pour postuler chez Marcel ou me lancer dans une campagne « nombriliste digitale » ? Bien sûr que non. Ou alors j’appelle cela un concours ou une audition, et là ok on y va tous ensemble et que le meilleur gagne ! ;-)

Aujourd'hui, beaucoup de cv font le « buzz », mais est-ce que ça veut dire pour autant que la personne est fiable, créative et responsable sur les années à venir ? Autre point qui m’interpelle : payer pour se faire recruter. Parce que nous sommes "actuellement" dans un système d'offre et de demande totalement inégal, tout est possible ? Non, c'est à nous même de savoir fixer les limites et surtout de rester humble et crédible envers le marché de l’emploi quoi qu'il en soit (surtout pour certains jeunes qui ne respectent plus grand-chose).
Je reprends aussi l'idée de Mr Froissant (que je n'ai pas encore eu le plaisir de rencontrer au passage, mais ce n’est que partie remise). J’aimais bien ce qu’il disait dans 20 minutes (si mes souvenirs sont exactes) à propos des cv qui buzzent : qu’on perd l’essentiel de trouver un emploi, que faire le buzz n’est pas forcément la priorité attendue pour les RH (lien introuvable si quelqu’un peut le reposter en reply j’apprécierai le geste, il date de moins de 10 jours).

Alors comme toi, j'affirme aujourd'hui que je cherche aussi un emploi dans le web (cm/social media creative au sein d’une équipe digitale en agence et pas que), je conserve une certaine éthique morale et digitale (encore un bel article que je t'invite à rédiger) qui restent fidèles envers mes compétences, ma créativité, mon histoire et surtout ma personnalité. Oui, elle est la VRAIE différence au recrutement, notre ADN. Je suis convaincu que chacun trouvera ce qu'il veut avec le temps, mais ces méthodes-là sont un peu le contraire de ce qui est tolérable sur le web, ça va par moment trop loin (nudité, mise en vente, etc), on en oublie l’essentiel encore une fois, la crédibilité.

J'aimerais beaucoup avoir quelques réactions venant des RH, car je pense qu'il y a encore pas mal d'idées reçues (des deux côtés) et pas mal de zones floues dans toute cette affaire.
Voici quelques questions que je pose en guise d’ouverture : est-ce vraiment indispensable de de tenir un blog pour un recrutement Community Manager alors que ça fait des années que l'on rédige sur des sites en clientèle ? Jusqu'où iriez-vous pour avoir la preuve nécessaire que vos candidats sont les meilleurs sachant que le web est souvent faussé, voir non transparent sur les données ?

Et vous les CM et autres gens du web, des réactions ? J’espère que mon commentaire fera avancer le débat, qui me passionne déjà… ;-). Bonne journée à ceux d’en haut et ceux d’en bas,

Alexandros.

tregor
tregor

Moi je te soutiens Ronan, faire preuve d'imagination est la marque d'une grande motivation et même si j'espère que ton profil restera le plus important dans le choix de recrutement , c'est toujours un + de savoir se démarquer. Après tout, rédiger des articles sur des blogs pour se faire recruter et améliorer sa visibilité sur les différentes plateformes sociales ont pour moi exactement le même objectif.

F_m_R
F_m_R

La démarche est intéressante mais peut-être qu'en tentant une candidature classique, tu serais déjà en train de passer un entretien chez Marcel au lieu d'avoir à te justifier dans un long billet. Mais la vraie question c'est : "est-ce que cette opération a séduit l'agence ?" C'était quand le but, non ? Ou alors c'est juste une expérience comme ça...

LaTweepie
LaTweepie

Hello,

Je n'ai pas grincé des dents, bien au contraire (merci pour la mention). Je trouve ta démarche originale, intéressante (sur le fonctionnement du buzz, de l'influence, de la solidarité 2.0...), risquée et amusante tout à la fois. Parce que oui, tu aurais pu n'avoir aucun retour ou des retours majoritairement négatifs. Mais ça n'a pas été le cas... Donc bravo pour l'audace !

stefsg
stefsg

La longueur de ce post témoigne tout de même d'un manque d'esprit de synthèse...

Rboussicaud
Rboussicaud moderator

@AmoraitisWhaou Alex@andros, tu a été inspiré :P !!

J'entends parfaitement ton discours qui prône l'authenticité et l'éthique dans la candidature, et surtout sur la corrélation très subjective entre la visibilité de la démarche et la fiabilité de la personne. Car faire un CV original et avoir une candidature qui buzz c'est bien, mais faire en sorte que le message véhiculé et les moyens utilisés pour parvenir à ses fins soient en adéquation avec le poste visé, c'est beaucoup mieux.

Après, l'éthique se traduit à mon sens dans l’inconscient collectif par un consensus mou qui délimite un cadre normatif où l'on se freine à innover par peur de déranger. Si j'adhère totalement aux respects et aux règles du politiquement correct, cette vision conformiste peut nous empêcher de laisser parler son imagination. L’intelligence n'est plus seulement collective mais également connective. En ce sens, utiliser la recommandation sociale pour prouver ses dire peu constituer une manière décalée de se démarquer.

Tout dépend du secteur d'activité, de la philosophie de l'entreprise que l'on vise. La candidature doit faire écho à l'ADN de la marque et représenter les compétences sollicités pour le poste.

Concernant la phrase de Jacques Froissant "faire le buzz n’est pas forcément la priorité attendue pour les RH", j'irai même jusqu'à dire que le buzz n'est pas un objectif en soi. Le buzz est juste un accélérateur, un coup de projecteur afin de livrer un message. Dans mon cas, la viralité servait à porter mon opération jusqu'aux oreilles des membres de l'agence Marcel.

Je crois que les réseaux sociaux ont créé un point de rupture avec le recrutement traditionnel. Maintenant, le candidat n'est plus un simple spectateur qui envoie son CV, relance, attend et subit la réponse de l'entreprise. Les outils sociaux à notre disposition peuvent être un moyen de matérialiser ses compétences voire de créer de l'engagement. Après, il faut ne faut pas oublié qu'il faut avant tout créer un désir, mais pas uniquement le sien. Convaincre en restant crédible, surprendre en restant éthique, séduire en créant un lien entre l'entreprise et sa personne.

Merci beaucoup pour ton commentaire très pertinent et qui fait avancer le débat ;)


Rboussicaud
Rboussicaud moderator

@F_m_R Hello Fabrice.

Derrière toutes ces lignes se cachent 2 vérités :
1 : je souhaitais me différencier et mettre le paquet pour traduire mes compétences par des actes qui se basent sur mes croyances concernant le digital (la reco sociale, la cooptation, etc.)
2 : en listant la multitude de démarches entreprises, j’espérais faire réagir les internautes concernant le recrutement 2.0, la viralité et l'influence numérique. Devant les réactions, j'ai donc trouvé utile de faire un focus sur ces thématiques qui sont apparues en reprenant l'exemple de ma campagne sous forme d'une auto-critique.

Concernant les répercutions, il faudrait demander aux intéressés travaillant dans l'agence. Dans les faits, plusieurs salariés ont semblé amusés par cette opé et le président m'a mentionné avec humour dans un tweet où il explique qu'il mettra le tapis rouge pour me rencontrer avec son équipe.

Serais-je parvenu au même résultat sans tout ce bric-à-brac, juste avec une candidature classique ? Honnêtement je ne pense pas, en tout cas pas aussi rapidement.

Alors est-ce tricher ? Probablement d'une certaine manière. Mais j'ai envie de dire que j'ai utilisé les règles du jeu des médias sociaux pour prendre un "raccourci". Après, on apprécie ou pas le "culot", affaire de perception... Je comprends les réactions des gens qui restent dubitatifs et qui remettent en cause mes compétences. Je clame moi-même que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre, je souhaite progresser et consolider mes compétences.

Au final, je prends ça comme une expérience révélatrices des interrogations du moment et qui me permets de jouir d'une visibilité utile, même si tout reste à faire ;)

Rboussicaud
Rboussicaud moderator

@LaTweepie Ah et bien navré si j'ai présenté ton tweet comme un scepticisme. En tout cas je suis content de t'avoir mentionné car on a déjà eu des échanges sympatique sur la toile ;) ! 

Oui c'était risqué, mais seulement s'il n'y avait eu aucun retour. Et même si cette "exposition" peut paraître brutale ou et cette démarche trop lourde, je suis ravi qu'elle ai pu amorcer des échanges sur des thématiques qui me tiennent à cœur. Et vu que pour ce faire, j'ai du mettre en place des actions en lien avec les sujets que je défends, c'est tout bénef ;) ! 

Rboussicaud
Rboussicaud moderator

@stefsg Sans doute, vous avez raison, preuve encore que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre et certaines compétences à consolider.. En tout cas je veux m’améliorer c'est déjà ça. La ligne édito du blog 'Psyché du web" nécessite des analyses profondes, et donc des articles (trop ?) longs.. En tout cas pour vous rassurer, je fais des articles beaucoup plus courts sur le blog de mon agence si ça vous intéresse : http://blog.useweb.fr/ ;) !!

Mais sinon, rien à propos des questions soulevées dans l'article ??